© TF1/LCILa politique est souvent une bataille de mots. Et lorsque le climat social se tend, c'est encore plus vrai. Ainsi depuis l'annonce par Xavier Darcos hier du report de sa réforme des lycées, les dirigeants de l'UMP se relaient dans les médias pour démentir tout "recul" du gouvernement. "Recul", "report", "marche arrière" sont des termes à éviter, au profit de "pause", "adaptation", "réflexion nécessaire", ou "temps de la concertation"... Hier, quelques heures après l'annonce du ministre de l'Education nationale, un dirigeant de l'UMP confiait à LCI.fr la réflexion suivante : "si on laisse s'installer dans l'opinion et les médias le mot de recul, on est morts. Toutes les catégories de mécontents vont prendre alors exemple sur le secteur de l'éducation et la réforme subira un coup d'arrêt".
Du coup ce matin, le message à faire passer est clair. "Il n'y a pas de changement de cap, il n'y a pas de reculade, il y a une adaptation", a assuré sur France 2 Nadine Morano, secrétaire d'Etat chargée de la Famille. Interrogée sur la mise entre parenthèses du projet de réforme des lycées, Nadine Morano a fait valoir que "nous sommes dans une situation où il faut s'adapter, il y a un mouvement fort, il y a une situation économique fragile". Rappelant que Xavier Darcos "avait réformé énormément", elle a ajouté que dans le cas de la réforme du lycée, "il faut d'abord faire reculer le mensonge, la désinformation qui circulent parmi les lycéens". "Nicolas Sarkozy est un bon pilote, qui sait accélérer quand il le faut. Lorsque vous avez un virage plus difficile à prendre, il faut savoir adapter sa vitesse, savoir être pragmatique", a-t-elle dit.
Le syndrome grec
De son côté, le porte-parole de l'UMP a démenti ce matin tout "recul". "Une réforme du lycée est incontournable. Elle a été initiée par deux protocoles d'accord avec les syndicats enseignants et lycéens", affirme le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre dans les colonnes du Parisien. Il faut juste davantage de débat".
Sur le dossier du travail dominical, les dirigeants de l'UMP saluent le compromis trouvé hier soir lors d'une réunion à l'Elysée. "On a avancé puisque, lorsque cette loi sera votée, on pourra plus aisément travailler le dimanche qu'aujourd'hui, mais je pense que c'est une étape et il faut continuer d'y travailler", a déclaré Jean-François Copé sur RTL. Le nombre des députés UMP opposés à la réforme "était suffisamment important pour justifier qu'on ait un vrai débat sans que ce soit un psychodrame", a expliqué le patron du groupe UMP. Nadine Morano a pour sa part déclaré qu'il s'agissait d'une "démarche d'adaptation, d'assouplissement, de pragmatisme". "Nous sommes arrivés à une solution de compromis", le passage de cinq à dix maximum du nombre de dimanches qu'un maire pourra autoriser à travailler dans sa commune, "c'est à la fois plus de souplesse, plus d'adaptation au terrain et à la réalité", a-t-elle ajouté.
Réforme des lycées, travail du dimanche... Sur ces deux dossiers, Nicolas Sarkozy a choisi de troquer le costume de "fonceur" pour celui du "pragmatique prudent', au risque de voir la presse du jour titrer sur ces "reculades"'. Mais à l'Elysée, on préfère avoir à démentir à coups d'argumentaires une chiraquisation du président de la République qu'avoir à gérer un mouvement lycéen incontrôlable. Le syndrome grec est passé par là. Devant les députés UMP réunis la semaine dernière; Nicolas Sarkozy aurait lâché ceci : "les Français adorent quand je suis avec Carla dans le carrosse mais en même temps ils ont guillotiné le roi (Louis XVI, ndlr). C'est un pays régicide. Au nom d'une mesure symbolique, ils peuvent renverser le pays, regardez ce qui se passe en Grèce".
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