Nicolas Sarkozy s'exprimant sur le perron de l'Elysée à propos de la crise financière (6 octobre 2008) © TF1/LCIFin de matinée. Branle-bas de combat au groupe UMP où l'on bat le rappel des députés à grands renforts de sms. Une rumeur veut que le débat sur l'extension du travail le dimanche reprenne à 15h00 à l'Assemblée. Pourtant ce matin, François Fillon avait expliqué au micro d'Europe 1 que le texte était reporté au 15 janvier, officiellement "pour calmer les esprits". "Il y a beaucoup d'énervement à l'Assemblée (...) Il vaut mieux interrompre les débats", s'est justifié le Premier ministre. Hier soir, c'est Jean-François Copé qui avait déjà donné le ton en levant prématurément la séance, déplorant "les injures et les menaces" de l'opposition. A la sortie de l'hémicycle, le patron du groupe UMP avait déploré "les propos agressifs" de l'opposition, jugeant qu' "un député communiste, Maxime Gremetz, avait voulu agresser un de ses amis député UMP". Le Premier ministre a donc accepté sa demande de report après les fêtes.
Mais c'était sans compter la réaction du président de la République. Comme désormais chaque jeudi, les dirigeants de la majorité se sont retrouvés à l'Elysée pour un petit-déjeuner. Et selon plusieurs participants contactés par LCI.fr, Nicolas Sarkozy s'est montré "très agacé" par ce report en janvier du débat sur le travail dominical. Le Premier ministre et Jean-François Copé ont expliqué la difficulté de ce débat avec des députés socialistes et communistes "très remontés" mais le chef de l'Etat a affiché son mécontentement : "on va encore dire que l'on recule, que l'on recule !" Un dirigeant de l'UMP a alors fait remarquer que "l'on avait bien reculé sur la réforme des lycées", et de s'entendre répondre du tac au tac par le locataire de l'Elysée : "oui mais sur ce sujet, il n'y a pas les jeunes dans la rue". Ambiance...
"Passer un mois sur l'audiovisuel ou le travail dominical est une erreur"
Poursuite ou report de la discussion ? Le suspense a duré toute la matinée au sein du gouvernement et de la majorité, la décision du report n'étant officialisée qu'à la mi-journée. "Sarko ne pouvait pas désavouer son Premier ministre en maintenant le texte. Il ne peut se payer le luxe d'une crise politique sur fond de crise sociale, fait remarquer un dirigeant de l'UMP, d'autant plus qu'il n'y a pas de plan B pour occuper Matignon". Reste que cette politique du fait accompli pratiquée ce matin par François Fillon, à l'écoute de sa majorité parlementaire, démontre un certain flottement au sommet de l'Etat.
Un participant à la réunion de ce matin a expliqué au chef de l'Etat que "l'on n'était pas dans le bon timing à l'Assemblée. Il faut que la rentrée de janvier soit consacrée à la relance . Les Français doivent sentir que l'on s'occupe d'eux" Et de confier plus tard en privé : "demander à nos députés de passer un mois sur des réformes telles que l'audiovisuel ou sur un modeste compromis sur le travail dominical est une erreur, quel que soit leur intérêt. Si on passe au plan de relance, ils se remobiliseront et les socialistes n'auront pas d'argument pour poursuivre leur obstruction".
La trêve des confiseurs arrive donc à point nommé pour le pouvoir. Il va devoir sérieusement réfléchir au calendrier parlementaire du mois de janvier qui suscite un débat dans la majorité. Si Nicolas Sarkozy refusera tout ajournement de sa réforme sur le travail du dimanche, même édulcoré, la réflexion porte notamment sur l'opportunité de faire passer rapidement la réforme du règlement du Palais-Bourbon, rendue nécessaire par la révision constitutionnelle votée en juillet. Jean-François Copé serait plutôt pour avancer rapidement, afin d'empêcher à l'avenir l'obstruction parlementaire. D'autres députés estiment au contraire que si ce changement est utile, il ne correspond pas aux attentes des Français et doit être discuté après le plan de relance, priorité des priorités.
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