Vincent Peillon avec Manuel Valls, le 5 décembre 2008 © TF1-LCICombien de Royalistes dans la future direction du PS ? Sûrement aucun... Car à en croire leurs dernières déclarations, Ségolène Royal et ses proches refuseraient d'y entrer. A la veille d'un Conseil national où Martine Aubry doit annoncer la nouvelle équipe dirigeante du PS (*), la garde rapprochée de Ségolène Royal a expliqué sa version des faits devant les journalistes. Vincent Peillon d'abord, qui a déclaré vendredi que "les conditions d'un rassemblement ne sont pas là, et la responsabilité en incombe à Martine Aubry". "Nous sommes disponibles, nous le sommes toujours et nous le resterons pour rénover en profondeur le Parti socialiste (...) Nous ne pouvons que regretter que la porte se referme sur Ségolène Royal", a ajouté Manuel Valls.
Mais pour l'heure, les partisans de Ségolène Royal ont décidé de s'abstenir lors du vote au Conseil national qui doit entériner la nouvelle équipe (secrétariat national). Car Martine Aubry, affirment-ils, leur a soumis un texte d'orientation in extremis, vendredi matin, document qui avait été approuvé par les chefs de file des autres sensibilités, Bertrand Delanoë et Benoît Hamon. "Ce n'est pas le texte lui-même qui pose problème, c'est plutôt la méthode", "les conditions tardives" dans lesquelles le texte a été communiqué, a déclaré Vincent Peillon. "Ce texte ne peut constituer une feuille de route pour un rassemblement", a-t-il ajouté. Mme Royal et ses partisans représentent environ 30% des instances dirigeantes, et l'ancienne candidate à l'Elysée a obtenu autour de 50% des voix des militants face à sa rivale victorieuse, pour le poste de Premier secrétaire.
Le camp Aubry prend acte
Sur la répartition des postes, Vincent Peillon a indiqué que la proposition de Ségolène Royal de prendre la direction de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNSER) avait été rejetée par Mme Aubry, qui a "fait savoir que cela n'était pas possible". Quant à la proposition d'un poste de n°2 pour Vincent Peillon, elle est restée sans réponse, a-t-il dit. Aucun membre de l'équipe Royal ne devrait participer au secrétariat national, des propositions faites individuellement à certains membres de son équipe ayant été rejetées, a-t-il indiqué, sans citer de noms.
François Lamy, bras droit Martine Aubry, a "pris acte" vendredi soir du refus de ralliement dans l'immédiat de l'équipe de Ségolène Royal à la nouvelle direction, et a souligné sa disponibilité pour un "rassembler" dans l'avenir. Vincent Peillon avait pour sa part précisé que l'équipe de Ségolène Royal n'entendait pas faire "de difficultés" à la nouvelle Première secrétaire. "Nous restons disponibles pour servir notre parti", a-t-il dit. Mais Ségolène Royal, battue de 102 voix par la maire de Lille pour la tête du PS, ne devrait même pas assister à la réunion du Conseil national de samedi, ni aucun de ses proches...
* Réunis samedi matin dans un grand hôtel parisien, les quelque 300 membres du Conseil national élus au Congrès de Reims doivent entériner à la fois un texte d'orientation politique et les membres du secrétariat national, gouvernement de la numéro un du parti.
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