Ségolène Royal (25 novembre 2008) © TF1/LCIAprès les déchirements qui ont marqué la bataille pour la succession de François Hollande à la tête du PS, les joutes reprennent entre les partisans de Martine Aubry et ceux de Ségolène Royal alors que l'affaire Julien Dray entache le parti. Benoît Hamon, porte-parole du PS, a rallumé la mèche en dénonçant la "rage" des proches de la présidente de Poitou-Charentes, qui a d'ores et déjà pris date pour l'élection présidentielle de 2012. Les "royalistes" ont "dans le sang ce poison de la division dans des proportions que l'on n'a jamais connues auparavant", déclare-t-il dans l'édition de janvier du mensuel Bretons. "Je vois par exemple tous les jours, sur Dailymotion ou sur des blogs, des partisans de Ségolène Royal mettre en ligne des films, des podcasts ou de simples commentaires juste pour nous taper dessus. Leur rage se focalise contre nous et pas du tout contre la droite".
La réplique est venue samedi de deux membres du cercle rapproché de Ségolène Royal, Jean-Louis Bianco, son ancien directeur de campagne, et Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d'avenir. Ils accusent Benoît Hamon de succomber à une "stratégie de la tension" et soulignent leur volonté d'unité au sein du parti. "Chacun se souvient que lors du congrès de Reims, notre motion arrivée en tête a été marginalisée, contrairement à l'usage politique. Nous nous sommes pourtant inclinés au nom de l'unité", écrivent-ils dans un communiqué publié sur le site internet de Désirs d'avenir, l'association qui soutient Ségolène Royal. "Lors de l'élection au Premier secrétariat, le départage s'est fait au profit de la majorité du conseil national, dans l'évitement du vote indéchiffrable des militants. Nous nous sommes encore inclinés, toujours au nom de l'unité", poursuivent-ils.
"Se taire ou disparaître ?"
"Nous participons au bureau national, et comme jamais, à toutes les instances fédérales du parti. Que faut-il faire de plus pour être unitaires aux yeux du porte-parole ? Se taire ou disparaître ? Elégante alternative", commentent Jean-Louis Bianco et Jean-Pierre Mignard. "Alors soit Benoît Hamon n'est pas informé de notre grande patience. Soit il veut l'éprouver plus encore en soufflant sur les braises", lancent-ils.
Reste que si Ségolène Royal affirme ne pas vouloir faire de Désirs d'Avenir un mouvement concurrent du PS, cela ne convainc pas vraiment la nouvelle direction. Le dernier message de la candidate malheureuse à la présidentielle et à la direction du PS, posté sur son site internet, est totalement dédié à Désirs d'Avenir, déclinant, pour cette association régie par la loi 1901, un programme "pour faire le parti dont nous rêvions". Pas question, assure-t-elle cependant, de "gêner l'actuelle direction". Mais l'appel aux adhésions à dix euros et à une souscription, l'organisation d'universités populaires, le maillage du territoire avec des comités locaux et des "centaines de milliers de contacts", la restructuration du site web pour en faire le "média de ceux qui souffrent" ressemblent fort à une machine de guerre électorale, qui a déjà d'ailleurs servi en 2007. Un parallèle réfuté par Jean-Pierre Mignard, qui préfère parler d'une "machine de mobilisation sociale". Pour l'avocat, ami de l'ex-candidate à la présidentielle, Désirs d'avenir est "un mouvement compagnon du PS" qui s'inscrit dans la tradition des clubs de réflexion du type, précise-t-il en souriant, d'Agir de Martine Aubry...
D'après agence
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