Vincent Peillon, le 6 décembre 2008 © TF1-LCILe camp de la secrétaire nationale du PS, Martine Aubry, a beau assurer du contraire, Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, n'en démord pas : il estime que Martine Aubry a fermé la porte à certains courants du Parti socialiste, samedi, en présentant son équipe de direction.
"La volonté était clairement de nous exclure de la direction du Parti socialiste. La porte est bien fermée", affirme le député européen dans un entretien au Journal du Dimanche. "Vendredi matin, Ségolène Royal a fait l'effort d'appeler Martine Aubry et lui a dit qu'elle était prête à accepter un poste secondaire pour ne pas faire de sa personne une entrave au rassemblement. Martine Aubry a repoussé cette solution tout comme ma candidature," raconte Vincent Peillon. La maire de Lille a présenté samedi son équipe, composée de 19 hommes et 19 femmes, dont une garde rapprochée, une sorte de "G4" parmi lequel figurent son bras droit François Lamy, le député européen Harlem Désir, le député Arnaud Montebourg chargé de la rénovation et le nouveau porte-parole du parti, Benoît Hamon (lire notre article).
"Aubry n'a pas avancé d'offre concrète"
Ces nominations n'ont pas satisfait les partisans de Ségolène Royal, battue lors de l'élection au poste de Premier secrétaire. "Nous avons un parti inquiet et divisé qui, depuis le congrès de Rennes, attend que sa direction se ressaisisse", explique Peillon. "Hier, Martine Aubry a raté les deux objectifs qui auraient pu donner le signe d'un nouveau départ. Les militants voulaient la clarté et le rassemblement. Ils n'ont eu ni l'un, ni l'autre." Vincent Peillon réfute également les accusations des partisans de Martine Aubry, selon lesquelles les amis de Ségolène Royal ont refusé la main tendue par le nouveau Premier secrétaire. "C'est totalement inexact. Avec Ségolène Royal, j'ai rencontré deux fois Martine Aubry, mercredi et samedi, et à aucun moment, elle n'a avancé d'offre concrète".
Vincent Peillon a enfin estimé que la nouvelle direction n'incarne par le "renouvellement" et que les nominations faites samedi traduisent "un repli" plutôt qu'une "ouverture sur la société réelle."
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