Le président du groupe PS à l'Assemblée Jean-Marc Ayrault a demandé jeudi la démission du président du CSA Michel Boyon, accusant ce dernier d'agir "en militant" en prenant la défense du projet de loi du gouvernement sur l'audiovisuel. "Le président du CSA Michel Boyon est le président d'une haute autorité indépendante garante du pluralisme, et là il prend partie pour un projet de loi du gouvernement de Nicolas Sarkozy, je trouve ça profondémentchoquant", a-t-il déclaré. "Son rôle ça serait, là, d'être le garant de l'indépendance de la télévision et il prend partie. Le débat n'est même pas fini au Parlement et il agit en militant", a dénoncé le député-maire de Nantes, sollicité sur de récents propos prêtés au président du CSA en faveur du projet de loi, farouchement combattu par la gauche.
"M. Boyon n'est plus digne de sa fonction il devrait donner sa démission, moi je demande qu'il démissionne", a lancé M. Ayrault. Le chef de file des députés socialistes a nié faire de "l'obstruction parlementaire" contre le texte. "On fait de la légitime défense de l'indépendance du service public de la télévision et de la radio parce qu'il est en danger", a-t-il expliqué. Selon lui le projet, qui prévoit la fin de la publicité sur les chaînes publiques de télévision et la nomination du président de France Télévisions par l'Elysée, "c'est 25 ans de retour en arrière, c'est l'ORTF".
"Attaque intolérable"
Michel Boyon ne souhaite pas réagir personnellement à ces critiques, mais son entourage a déclaré jeudi qu'aucune de ses paroles "ne manque à son devoir de neutralité". "Tout ce que dit M. Boyon est strictement conforme à l'avis public émis par le CSA en septembre, sur le projet de loi. Michel Boyon fait de la pédagogie, il ne se place pas dans le champ politique. Il considère que ce projet de loi est bon pour le service public et pour le téléspectateur", a-t-on ajouté.
Frédéric Lefebvre, porte-parole de l'UMP, a de son côté jugé "intolérable" l'attaque contre le président du CSA. Les socialistes "s'attaquent maintenant au CSA lui-même en essayant de déstabiliser son président. Cette attaque contre une institution de la République de la part d'un président de groupe au Parlement est intolérable", a-t-il déclaré. Selon lui, "le PS semble oublier que c'est lui qui est à l'origine du mode de désignation de cette autorité".







