Martine Aubry, à Paris, le 6 décembre 2008. © TF1/LCISi l'on juge la santé d'un parti à son nombre de communiqués de presse, alors le siège de la rue de Solférino est sorti de son coma. Dans les rédactions, les boîtes mails des journalistes sont plus fournies : réactions aux mesures gouvernementales, communiqués de mobilisation et signalement de la présence des nouveaux dirigeants socialistes dans les manifs de toutes sortes. Martine Aubry en a fait un leitmotiv : il faut que le parti soit visible sur le terrain social. Du coup mercredi, les jeunes secrétaires nationaux Bruno Julliard et Razzy Hammadi étaient présents dans le cortège (clairsemé) contre les réformes Darcos.
Mardi, la nouvelle première secrétaire a annoncé par ailleurs un programme chargé pour le mois de janvier : le 20, un bureau national "exceptionnel" consacré à la crise et à la relance et le 31, un "grand séminaire sur la crise" et des réponses aux "licenciements boursiers". "On a bien avancé", a fait savoir Martine Aubry tout en remarquant "qu'on ne travaillait pas assez et qu'on n'était peut être pas assez sur la réflexion et sur le terrain". "On essaie de faire les deux en même temps avec une belle équipe très combative", a-t-elle dit.
Trop ? La proposition la semaine dernière du nouveau porte-parole Benoît Hamon de réintroduire l'autorisation administrative de licenciement a été immédiatement enterrée par Martine Aubry devant le groupe socialiste. "Ce couac est normal. On ne passe pas comme ça de représentant de la gauche de la gauche à une responsabilité politique nationale", commente un membre de la nouvelle direction qui ajoute : "les débuts ne sont pas faciles et si le parti n'est pas encore au travail comme il le faudrait, il a au moins retrouvé sa réactivité".
"Rien pour faire disparaître le mode de fonctionnement obsolète du parti"
Contrairement à François Hollande, Martine Aubry trie ses interventions et délègue la parole aux 38 responsables de son "gouvernement socialiste". Si elle a réagi à la sortie de Bernard Kouchner sur Rama Yade, elle a laissé Jean-Christophe Cambadélis réagir sur la situation en Grèce, Sandrine Mazetier réagir sur l'immigration, etc... Elle ne souhaite pas concentrer, comme la précédente direction, l'ensemble de la communication, ce qui conduisait, selon un jeune dirigeant, à "une déresponsabilisation des secrétaires nationaux".
Mais au-delà de ces changements, le PS est-il redevenu une ruche qui fourmille d'idées et de contre-propositions à la politique de Nicolas Sarkozy ? "Il est beaucoup trop tôt, explique-t-on rue de Solférino. Si nous sommes déjà dans les mois qui viennent aux côtés des salariés qui souffrent du chômage et du manque de pouvoir d'achat, ce sera pas mal. On ne remet pas un parti en marche en quelques semaines". Chez les royalistes, le commentaire est tout autre. "Rien n'a été décidé pour remettre en question le mode de fonctionnement obsolète de ce parti", explique par exemple le député rénovateur Gaëtan Gorce qui ne "remet toutefois pas en cause la volonté et la capacité de travail de Martine Aubry". "Mais le travail n'est pas mis au service d'une stratégie collective puisqu'il y a eu volonté d'écarter tous les amis de Ségolène Royal", poursuit-il.
Au groupe socialiste en tout cas, on s'active, et on a tout cas choisi l'humour dans la mobilisation contre le travail le dimanche. Les députés socialistes prévoient d'ouvrir un blog et de diffuser sur internet des cartes humoristiques. Sur l'une, intitulée "Le barbecue le dimanche", on voit plusieurs ouvriers sidérurgistes procéder au découpage d'une tôle au chalumeau. Sur une autre, "La promenade du dimanche", on voit un couple accompagné de deux enfants pousser un caddie dans une grande surface.
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