Nicolas Sarkozy lors de sa conférence du sommet de Bruxelles (12 décembre 2008) © TF1/LCINicolas Sarkozy a assuré mardi à Strasbourg que la réforme controversée des lycées, mise entre parenthèses lundi par le ministre de l'Education Xavier Darcos, se ferait mais que le gouvernement prendrait "le temps de la concertation". "Cette réforme des lycées, je la soutiens et elle se fera mais il faut prendre le temps de l'écoute et de la concertation" a déclaré M. Sarkozy lors d'une conférence de presse au Parlement européen. "J'ai demandé à Xavier Darcos d'approfondir sa concertation pour que la réforme puisse se mettre en oeuvre dans les meilleures conditions (...) on prendra le temps nécessaire pour lever les malentendus et que cette réforme se fasse", a-t-il ajouté.
Le chef de l'Etat français a rendu hommage à M. Darcos, "un ministre de l'Education remarquable qui a, en dix-huit mois, un bilan de réformes sans précédent: il a réformé l'école primaire, supprimé les IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres), changé l'organisation du temps scolaire et proposé une réforme des lycées". "On va prendre le temps de l'écoute et de la concertation et je suivrai moi-même personnellement cette réforme", a ajouté Nicolas Sarkozy. "Est-ce qu'elle sera en tout point conforme avec le projet actuellement sur la table? (...) Non, parce qu'on va prendre le temps de l'écoute et de la concertation", a-t-il toutefois concédé.
"En 2005, j'étais le ministre de l'Intérieur qui a géré 25 nuits d'émeute"
"Mon rôle, c'est de faire en sorte que les réformes se fassent en France, qu'elles se fassent avec un maximum de consensus", a insisté M. Sarkozy, évoquant pêle-mêle les réformes sur le travail du dimanche, l'audiovisuel public et les textes à venir sur le logement ou la réforme hospitalière. Evoquant les émeutes qui secouent la Grèce, il a assuré qu'il aurait engagé la réforme des lycées "quoi qu'il se soit passé en Grèce ou ailleurs". "Si je devais accélérer les réformes ou les arrêter chaque fois qu'il y a un problème social dans un des 27 pays de l'Union (européenne), je n'en ferais pas beaucoup", a-t-il fait remarquer.
"Quand on voit des gens s'affronter avec une telle violence, quand on voit des pillages, quand on voit ce qu'on a vu dans un pays comme la Grèce, forcément ça interpelle tout le monde", a relevé le président en exercice du Conseil européen, estimant "évident" que de tels événements pourraient se dérouler ailleurs en Europe. "En 2005 en France, j'étais le ministre de l'Intérieur qui a géré 25 nuits d'émeute. Comment voulez-vous que j'aille dire que ce qui arrive en Grèce ne peut pas arriver ailleurs ?", a-t-il lancé. Le gouvernement français a annoncé lundi le report d'un an de sa réforme des lycées, marquant un revirement inhabituel depuis l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir dans un contexte marqué par la crainte d'une explosion sociale.
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