Martine Aubry, entourée de sa nouvelle équipe, le 6 décembre 2008 © TF1-LCI 
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Voilà donc à quoi ressemblera le PS demain. Dans un long discours d'une heure et quart, à l'issue d'un Conseil national, le "Parlement" du parti, extrêmement tendu entre ses partisans et ceux de son ex-rivale, Martine Aubry a présenté samedi sa feuille de route pour un "parti uni dès ce soir", approuvée dans la demie-heure par le Conseil par 146 voix pour et 72 abstentions, dont les partisans de Ségolène Royal. A la demande de ces derniers qui ont provoqué une suspension de travaux (lire nore article), le Conseil a procédé à un vote nominal, procédure rare au PS. Le Conseil a également approuvé par un vote à main levée la nouvelle équipe dirigeante, dont Martine Aurby a livré la liste complète, après avoir copieusement critiqué la politique de Nicolas Sarkozy qui "maintient le cap qui nous mène dans le mur", qui "persiste et signe : il continue à déréguler, il refuse une vraie relance, il pénalise les plus défavorisés".
Le secrétariat national du PS devient "totalement paritaire : "19 femmes, 19 hommes. C'est la première fois que cela arrive dans notre parti", a souligné Martine Aubry, qui annonce ainsi une équipe plus resserrée qu'avant et "aux couleurs de la France" (20% de "minorités visibles" dans le nouveau secrétariat national) et "de jeunes et de nouvelles générations" (avec "60% de nouveaux visages et 40% de moins de 40 ans"). Parmi les noms notables : Benoît Hamon, seul à avoir tenu une motion au Congrès du PS (qui avait obtenu 18,5%) et à figurer dans la liste, devient porte-parole du PS.
Aubry s'engage à "respecter les opinions divergentes", les royalistes rétorquent
Bertrand Delanoë et Ségolène Royal en sont absents. Un des proches du maire de Paris figure toutefois dans l'équipe : Harlem Désir, qui devient chargé de la coordination. En revanche aucun ami de Ségolène Royal. Disant lui avoir tendu une main qu'elle a refusée, Martine Aubry s'est engagée à "respecter les opinions divergentes", notamment celles des "amis de Royal", promettant de laisser "la porte ouverte tout au long des trois ans qui vont nous séparer de notre prochain Congrès".
Ce à quoi Vincent Peillon, lieutenant de Ségolène Royal, a répondu dans l'après-midi : selon lui, "tout ça a été fait pour mettre Ségolène Royal dehors" et la nouvelle direction du Parti a pris un "faux départ" car elle "ne permet pas de rassembler les socialistes (voir la vidéo) : "aujourd'hui, un Conseil national de plus de 300 membres a approuvé cette ligne à moins de 150 membres. Cela s'appelle une minorité", a-t-il dit, tandis que Manuel Valls, autre royaliste, trouvait "dommage" et "regrettable" que le "rassemblement, le changement, le renouvellement ne se fassent pas (...) C'est une ocassion manquée". Offensive encore dans le JDD : "La volonté était clairement de nous exclure de la direction du Parti socialiste. La porte est bien fermée", affirme Peillon.
D'autres figures du PS sont dans la liste : Arnaud Montebourg (qui prend le secrétariat national chargé de la rénovation), Michel Sapin (Economie), Jean-Christophe Cambadélis (Europe et relations internationales), Elisabeth Guigou (réforme de l'Etat et collectivités territoriales), Claude Bartolone (relations extérieures) ou encore le jeune Bruno Julliard (Education). Sans surprise, le bras droit de Martine Aubry, François Lamy devient son conseiller politique (voir le détail des postes dans notre encadré ci-dessous). Aux 38 secrétaires nationaux chargés de tâches fonctionnelles relatives à la vie du parti et aux grandes politiques, s'ajoutent 20 à 25 secrétaire nationaux adjoints. Son secrétariat national se tiendra tous les mardis matins et le Bureau national (exécutif du parti) tous les 15 jours le mardi (contre toutes les semaines jusqu'à présent), des BN exceptionnels pouvant être convoqués pour travailler sur des sujets spécifiques.
Deux nouvelles instances internes et des promesses
Martine Aubry crée aussi "deux instances majeures pour l'avenir de notre parti : un forum des territoires" (pour "que les élus retrouvent leur place au coeur du parti" avec pour missions notamment "d'échanger nos pratiques", "défendre nos collectivités") et "le laboratoire des idées, qu'on appellera très vite le lab'" (pour "ouvrir les portes et les fenêtres" du PS "aux intellectuels, chercheurs, artistes, syndicalistes"). Celui-ci sera présidé par Christian Paul (député PS de la Nièvre) et le conseil natiuonal du territoire par Marylise Lebranchu. Dernière nouveauté : la n°1 du PS lance les "assises de la rénovation" du PS, citant des exemples de pistes : "quel rôle accorder à chacune de nos instances, comment renouveler nos pratiques internes, comment assurer la démocratie en interne ?", etc...
Pour sa part, elle s'est "engagée", outre le fait de laisser la "porte ouverte" à Ségolène Royal, à "mettre en place de nouvelles pratiques (...) de transparence, le respect de la décision prise en commun, le respect du vote des militants (...) Mais il n'y aura pas de rénovation s'il n'y a pas un changement de comportement entre nous".
| La nouvelle instance dirigeante du PS dans le détail : |
- Les huit "secrétariats organisationnels", considérés comme régaliens, sont confiés notamment à des proches de Martine Aubry : François Lamy (à la communication), le député Christophe Borgel (élections, vie des fédérations), Alain Fontanel, proche de Bertrand Delanoë (animation et développement des fédérations), le député fabiusien Claude Bartolone (relations extérieures), les proches de Hamon, Régis Juanico (trésorerie) et Pascale Boistard (Organisations et adhésion). La Hongroise Zita Gurmai, présidente du PSE Femmes (Parti socialiste européen) et députée européenne, a été nommée secrétaire nationale aux Droits des femmes. Elle joue "un rôle majeur dans la lutte contre les discriminations", a salué Mme Aubry. |
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