Accoyer © TF1/LCILa crise ouverte à l'occasion de la réforme de la procédure législative et du droit d'amendement crée des fissures aussi à l'UMP. Contesté à gauche, voilà le président de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, rabroué par Jean-François Copé, ce qu'il n'apprécie guère : "J'assume mes responsabilités de président de l'Assemblée, ce n'est pas tel ou tel président de groupe qui dicte au président de l'Assemblée ce qu'il doit faire".
Bernard Accoyer avait jusqu'alors tenté de calmer le jeu, dans une crise inédite depuis des décennies. Outre le boycottage des questions au gouvernement, le PS, qui défendra mardi prochain une motion de censure sur la politique économique du gouvernement, a également décidé que les deux vice-présidents socialistes de l'Assemblée n'assumeraient plus les présidences de séance jusqu'à nouvel ordre. François Fillon qui, fait inédit, a ouvert la séance de mercredi par une déclaration devant un hémicycle déserté, a plaidé un retour "au calme et à la raison". Mais son appel lancé à l'opposition pour reprendre place dans l'hémicycle afin de "défendre, comme c'est son droit, ses arguments et ses convictions", est resté sans effet.
"Refus de la surenchère" contre "sortie de crise par le haut"
Pomme de la discorde, l'article 13 du texte sur la réforme de la procédure législative et du droit d'amendement prévoit d'attribuer aux groupes parlementaires un temps global de parole pour chacun des débats importants afin de limiter les possibilités d'obstruction. Si la majorité parle de "programmation du temps législatif", l'opposition parle de "temps guillotine" et accuse l'exécutif et son gouvernement de vouloir la réduire au silence. Aussi, au PS qui a demandé, mardi soir, que quatre textes par groupe et par an puissent être exemptés du "temps global", Bernard Accoyer a proposé mercredi qu'un président puisse demander le dépassement du "temps global prévu" sur un texte pouvant aller jusqu'à "des dizaines d'heures".
Mais Jean-François Copé lui a opposé une fin de non-recevoir, estimant qu'il ne fallait pas "rentrer dans la surenchère" du PS. Selon lui, "la bonne formule, c'est que la conférence des présidents (qui détermine l'agenda de l'Assemblée où gouvernement, majorité et opposition sont présents) soit le lieu où on détermine ensemble la durée des débats". Or cette formule est précisément celle prévue par le projet de réforme du travail législatif et qui est fortement critiquée par la gauche.
Bernard Accoyer ne renonce pas pour autant à sa solution. Et quand Jean-François Copé refuse la "surenchère" du PS, le président de l'Assemblée lui oppose l'attitude des élus de son propre groupe. "Les députés du groupe UMP ont trouvé que cette proposition avait une grande logique, une grande souplesse et qu'elle répond aux attentes de l'opposition", a-t-il dit mercredi dans les couloirs de l'Assemblée. Sa proposition offre selon lui "une possibilité de sortie par le haut" de la crise. "J'ai eu Jean-Marc Ayrault au téléphone, il souhaite avoir, par écrit, les propositions que je lui ai déjà faites dans la journée. Je vais les rédiger. Je pense que nous pourrons avancer. C'est la proposition que je formule, elle sera ou ne sera pas mise en oeuvre".
D'après agence
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