Les élus de gauche quittent l'hémicycle le 7 janvier © LCILes sénateurs PS et PCF ont quitté l'hémicycle du Sénat mercredi à l'ouverture des débats sur le projet de loi sur l'audiovisuel après avoir dénoncé le fait que la mesure principale du texte, la suppression de la publicité, soit déjà en vigueur. Il s'agit d'une "pratique sans précédent", d'une "atteinte aux droits fondamentaux du législateur, à ceux de notre République", s'est indigné le président du groupe PS, Jean-Pierre Bel, dans un rappel au règlement. "Notre rôle consistera à entériner des décisions déjà prises", alors "nous refusons de vous écouter", a-t-il lancé à la ministre de la Culture, Christine Albanel, qui devait ensuite défendre le projet de loi. Les élus de gauche devaient ensuite revenir pour assister à la discussion et défendre leur position.
"Avant-hier, le 5 janvier, la loi était appliquée, imposée, le fait accompli passe avant l'examen de notre assemblée, c'est très grave, c'est une manière de dédaigner, d'humilier les sénateurs et sénatrices, une incivilité du pouvoir, une pratique gouvernementale délinquante, un tripatouillage", a renchéri l'ancien ministre de la Culture communiste, Jack Ralite. Auparavant, dans un premier rappel au règlement, la sénatrice centriste Nathalie Goulet avait demandé que soit organisé au Sénat un débat sur la situation à Gaza, demande relayée également par M. Bel.
La suppression de la publicité à France Télévisions après 20H00, prévue par le texte, est entrée en vigueur lundi, le conseil d'administration de France Télévisions ayant anticipé cette suppression sur injonction du gouvernement. La réforme de l'audiovisuel public, texte inscrit en urgence (une lecture par assemblée), a déjà été adoptée en première lecture par l'Assemblée nationale après un débat-marathon houleux de 80 heures.
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