Martine Aubry, le Premier secrétaire du PS |
| "Je ne confonds pas l'activisme et l'action" |
Avec une semaine de retard pour cause de problème oculaire, Martine Aubry a présenté lundi après-midi ses voeux à la presse dans le nord de Paris, à La Bellevilloise. Des voeux très offensifs, au cours desquels la patronne du PS a annoncé le dépôt d'une motion de censure dans les jours qui viennent pour dénoncer la politique du gouvernement français face à la crise. La Première secrétaire du Parti socialiste espère que cette motion sera débattue la semaine prochaine à l'Assemblée nationale - même si elle n'a aucune chance d'être adoptée, l'UMP étant largement majoritaire au Palais-Bourbon. L'objectif étant de "pouvoir dire clairement aux Français qu'alors que notre pays entre dans cette crise lourde et profonde, rien n'est fait pour changer la donne", et "qu'il y a une autre voie possible".
Dans un discours de près d'une heure, Martine Aubry a dénoncé les "reculs" et les "échecs" de l'équipe au pouvoir. "Echec économique et social" symbolisé selon elle par la loi Travail emploi pouvoir d'achat votée durant l'été 2007 et "échec démocratique et moral" symbolisé par la loi sur l'audiovisuel, en discussion au Parlement. D'une manière générale, la maire de Lille a dénoncé l'atteinte aux libertés, qu'il s'agisse de la justice, de la presse (alors que Nicolas Sarkozy, après la remise d'un Livre vert, doit annoncer vendredi ses arbitrages concernant les Etats généraux de la presse), de l'opposition ou des syndicats. "Nous sommes inquiets (...) sur la remise en cause de certaines libertés dans notre pays", a-t-elle dit, citant les tests ADN, le projet de fichier policier Edvige, finalement abandonné, les lois sur la rétention de sûreté et les peines plancher, la suppression annoncée du juge d'instruction, et la réforme constitutionnelle qui bride selon elle les droits de l'opposition.
"Je ne confonds pas autorité et autoritarisme"
En matière économique, Martine Aubry voit en Nicolas Sarkozy un président "qui persiste et qui signe dans la politique qui nous a mené dans la situation où nous sommes : chacun sait que la France n'a pas aujourd'hui de plan de relance (...) à la hauteur de la crise qui est devant nous". Précisément, le Parti socialiste fera mercredi une série de propositions en la matière.
Moins de deux mois après son arrivée mouvementée à la tête du PS, Martine Aubry a assuré que son camp était engagé sur le chemin "qui va mener les socialistes et la gauche de la convalesence à l'alternance". Elle a répondu à ceux qui l'ont accusé de dureté, après les remous causés par la démission, la semaine dernière, du député André Vallini du secrétariat national du PS. "Je ne confonds pas autorité et autoritarisme", s'est-elle défendue. "Le pire pour un parti, c'est qu'il n'y ait pas d'autorité. On nous a suffisamment dit que nous étions cacophoniques par le passé". Et sur le plan de son avenir personnel, Martine Aubry a confirmé qu'elle ne serait pas candidate aux élections européennes de juin 2009, étant "contre le cumul des mandats".
L'UMP dénonce "la nouvelle pantalonnade" du PS |
Après l'annonce par Martine Aubry du dépôt d'une motion de censure contre le politique du gouvernement face à la crise, l'UMP a dénoncé lundi la "nouvelle pantalonnade" du PS, qui vise, selon l'UMP, "à bloquer l'Assemblée nationale". "94 jours après la faillite de Lehman Brothers, 85 jours après le discours de Toulon du Président de la République et 46 jours après l'annonce du plan de relance, le PS sort de sa tanière pour faire la leçon au Gouvernement sur la manière de gérer la crise", estime le parti présidentiel dans un communiqué. |
D'après agences
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