Le PS choisit la politique de la chaise vide

le 21 janvier 2009 à 13h20 , mis à jour le 21 janvier 2009 à 18h09

Alors que l'opposition, au lendemain d'une séance marquée d'incidents, a boycotté la séance des questions au gouvernement, François Fillon lance un "appel à la raison".

Le Congrès de Versailles Image d'archive © Abacapress

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> Les images des députés socialistes devant le perchoir

> François Fillon appelle au calme

Fait inédit depuis sa création en 1974, la séance télévisée des questions d'actualité au gouvernement à l'Assemblée a été boycottée mercredi par des députés PS protestant contre l'attitude du gouvernement et de la majorité sur la réforme du travail parlementaire. Les députés communistes et Verts, présents dans l'hémicycle au début de la séance, l'ont quitté une fois leur question posée au gouvernement, "en solidarité" avec leurs collègues socialistes. C'est donc dans une salle largement dégarnie que François Fillon a pris la parole pour réaffirmer son soutien à Bernard Accoyer, "insulté" par la gauche. "Je me permets d'appeler l'opposition au calme et à la raison", a-t-il lancé, contestant fermement que ses droits soient amoindris par le projet de réforme du Parlement et jugeant "inacceptables" les incidents de la nuit précédente.

Il est vrai que le vénérable Palais-Bourbon n'avait pas vu telle scène depuis des lustres : des dizaines d'élus de gauche quittant en bloc l'hémicycle en pleine nuit en guise de protestation, après avoir entonné d'une seule voix la Marseillaise. La crise était dès lors ouverte, avec tout son content de piques et petites phrases. Quelques heures après la bronca, Jack Lang a demandé au président de la République d'intervenir pour "rétablir un climat de sérénité". Devant les journalistes, dans les couloirs du Palais-Bourbon, le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a demandé au président de l'Assemblée, Bernard Accoyer, "d'oublier qu'il est un président UMP" pour devenir "le président de tous les députés". Accusation reprise par Manuel Valls, selon qui Bernard Accoyer est un président "partisan", dont l'attitude "tranche" avec celle de ses prédécesseurs de droite Philippe Séguin ou Jean-Louis Debré qui, eux, "ont à chaque fois protégé l'opposition".

Accoyer en ligne de mire

Réplique de l'intéressé lors d'une conférence de presse : "Je suis déterminé à ce que notre assemblée change. Je vais tendre la main à l'opposition, je vais tendre la main à tous les parlementaires parce que c'est notre honneur de députés, notre honneur de démocrates et que c'est que cet honneur nous ne pouvons pas le trahir. Les Français ne l'accepteraient pas, surtout en cette période difficile". Bernard Accoyer a annoncé qu'il avait "fait savoir" mercredi matin "aux principaux responsables" des groupes de gauche qu'il allait proposer, en matière de durée de temps de parole, de nouvelles mesures qui seront incluses dans le futur règlement.

Pour Roger Karoutchi, secrétaire d'Etat chargé des relations avec le Parlement, les incidents de mardi soir ne traduisent pas de crise politique. "Nous avons affaire à un mouvement de théâtralité, de ring, de cirque, pas à une crise politique", a-t-il déclaré sur France Info. Il a accusé l'opposition de vouloir "faire de l'anti-Sarko, de l'anti-gouvernement tous azimuts". S'exprimant également lors d'un point presse à son ministère, il a dénoncé la "flibusterie" du PS, "l'agressivité, les insultes, les menaces physiques, les propos totalement déconnectés et que l'on qualifierait ailleurs d'inadmissibles et scandaleux". Et pour Luc Chatel, "personne n'est dupe. Le travail d'obstruction actuellement à l'Assemblée nationale masque cruellement, à la fois les divisions internes du Parti socialiste mais aussi son manque de force de proposition et de propositions alternatives".

Au final, l'examen du projet de loi controversé, qui devait s'achever en fin de semaine, s'est terminé mercredi après-midi, la majorité ayant profité dans la nuit de mardi à mercredi de l'absence d'élus de l'opposition pour accélérer les débats. Les députés devraient se prononcer par un vote solennel mardi prochain sur l'ensemble du texte que le Sénat devrait examiner à son tour début février.

D'après agence

le 21 janvier 2009 à 13:20
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