Le Premier ministre François Fillon à l'Assemblée, le 1er octobre 2008 © TF1/LCILe PS défend mardi à l'Assemblée nationale une motion de censure pour dénoncer "l'inaction économique" du gouvernement Fillon face à la crise mais aussi "les menaces sur les libertés individuelles", tout en promettant des "propositions" à la clef. La motion, la première de l'ère Aubry et la deuxième contre le gouvernement de François Fillon en vertu de l'article 49-2 de la Constitution, sera discutée à 15H00 dans l'hémicycle. Mais elle n'a pas plus de chance d'être votée que la précédente sur le renforcement des troupes françaises en Afghanistan en avril 2008, le PS étant largement minoritaire.
Les alliés PCF et Verts ne l'ont pas signée mais la voteront. François Bayrou (MoDem) annonce dans Le Monde qu'il votera la motion. A défaut de renverser le gouvernement, la motion vise donc à "dire clairement qu'alors que notre pays rentre dans cette crise lourde, profonde, rien n'est fait pour changer la donne", selon la nouvelle patronne du parti, Martine Aubry. Il s'agit aussi de faire du PS "convalescent" un parti qui "dénonce, propose et agit". Mardi, c'est le patron du groupe PS Jean-Marc Ayrault qui montera à la tribune, Martine Aubry n'étant pas députée. Et les troupes PS, requinquées par plusieurs semaines de guérillas parlementaires très médiatisées (travail du dimanche, audiovisuel, travail législatif), parleront, une fois n'est pas coutume, à l'unisson. "Notre combat n'est pas seulement un acte de résistance", devrait plaider le député-maire de Nantes, reprenant le texte de la motion.
"L'inaction économique et sociale du gouvernement"
J.M Ayrault devrait décliner les grands axes du contre-plan de relance de Mme Aubry et condamner encore "la dérive autoritaire" du régime du président Nicolas Sarkozy, qui "concentre entre ses mains tous les pouvoirs et supprime un à un tous les contre-pouvoirs, dans les médias, dans la justice, au Parlement". Mais s'il veut "alerter sur les graves conséquences de l'inaction économique et sociale du gouvernement" le PS "refuse le confort d'une opposition qui n'aurait qu'à commenter les échecs de la majorité". Il veut mettre "des propositions en débat" pour "organiser la confrontation entre deux logiques, deux projets, deux conceptions de la puissance publique".
Fortement contesté pour son attitude durant les incidents, le président UMP de l'Assemblée Bernard Accoyer voit, dans le débat sur la motion de censure, l'occasion de réaffirmer son rôle de "garant" du droit d'expression de tous. "C'est une des prérogatives majeures de l'Assemblée" qui "permet à tous les groupes politiques de s'exprimer", a-t-il déclaré. Mais l'UMP a fustigé une "nouvelle pantalonnade visant à bloquer l'Assemblée nationale" de la part d'un PS qui "sort de sa tanière pour faire la leçon au gouvernement sur la manière de gérer la crise". Et le Premier ministre a accusé lui aussi la gauche de vouloir empêcher l'unité des Français face à la crise. "Il y a plus urgent à faire qu'à ranimer la querelle (...) nous vivons des heures graves et l'Histoire jugera les oppositions systématiques avec une sévérité redoublée par le poids de l'enjeu", a-t-il lancé.
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