Fillon à l'Assemblée © LCIFrançois Fillon a contesté point par point le contre-plan de relance du PS, mardi lors du débat à l'Assemblée sur la motion de censure, accusant la gauche de vouloir "réhabiliter le socialisme d'hier". Le contre-plan présenté la semaine dernière par Martine Aubry "a moins pour objectif de répondre à la crise que de réhabiliter le socialisme d'hier", s'est emporté le Premier ministre. Dans le détail, François Fillon a reproché au plan d'engager des "dépenses pérennes" en gelant les suppressions de postes de fonctionnaires, au risque de "rendre impossible toute remise en ordre ultérieure de nos finances publiques". "30.000 emplois dans la fonction publique", a-t-il lancé vers les bancs du PS, "ce n'est pas un choix ponctuel pour répondre à la crise, c'est un choix idéologique!" Ce serait aussi par "goût de la revanche idéologique", selon lui, que le PS veut revenir sur le paquet fiscal de l'été 2007.
Le Premier ministre a encore stigmatisé l'accent mis par la gauche sur la consommation, "un contresens au regard de notre situation", qui conduirait selon lui à "dégrader notre déficit commercial, via les importations". Il a enfin ironisé sur les "divisions" du PS, qui se servirait de la motion de censure comme d'un "pansement pour masquer les blessures du congrès de Reims", citant notamment les critiques du royaliste François Rebsamen sur le contre-plan socialiste. En contrepoint, il a défendu la "réactivité" de l'exécutif dès le déclenchement de la crise, et notamment ses propres mesures, dont il affirme qu'elles placeront la France au rang des "nations gagnantes" après la crise. Fustigeant une gauche qui "arrive brutalement" pour "ne pas être en reste" dans le débat sur la crise, le chef du gouvernement lui a opposé une nécessaire "solidarité nationale". "A jeudi, à jeudi", a alors scandé l'opposition, en référence au mouvement intersyndical attendu ce jour-là.
Ayrault : "il faudrait s'inspirer du plan concocté par Barack Obama"
Au nom du PS, Jean-Marc Ayrault avait accusé en début de débat l'exécutif de "réagir de manière inadaptée" avec son plan de relance de 26 milliards d'euros présenté le 4 décembre dernier. "L'essentiel des conséquences de la crise financière est encore devant nous car la crise économique et sociale qui en résulte, s'installe, s'aggrave, et rien dans les politiques menées ne semble hélas empêcher ses ravages", a-t-il déclaré. "Tôt ou tard, et le plus tôt sera le mieux, il vous faudra présenter un deuxième plan de relance, qui, alors, devra être à la hauteur des enjeux", a-t-il ajouté.
Il faudrait selon lui s'inspirer du plan concocté par le nouveau président américain. "Mesdames et Messieurs de la majorité, après vous être si longtemps inspirés de la politique économique outre-Atlantique, vous avez applaudi Barack Obama, pourquoi rejeter toute relance par la consommation alors que ce sont 1.000 dollars de plus et tout de suite dont bénéficieront plusieurs dizaines de millions d'Américains avec le plan Obama", a dit Jean-Marc Ayrault. Sans surprise, les députés ont ensuite rejeté la motion de censure socialiste, la deuxième de la législture. Le texte a recueilli 231 voix, soit 58 voix de moins que le minimum requis.
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