Brice Hortefeux lors de la présentation du projet de loi sur l'immigration à l'Assemblée nationale © LCI"Pour la première fois depuis une génération, le nombre de clandestins a commencé à décroître", s'est félicité mardi dans ses voeux Brice Hortefeux, faisant le bilan de son action alors qu'il s'apprête à quitter le ministère de l'Immigration. Mais ses opposants critiquent sur le principe les objectifs chiffrés et estiment que le résultat de 2008 a été "gonflé" artificiellement par les retours négociés et rémunérés de Tziganes roumains ou de Bulgares, qui pourront revenir quand ils veulent, étant citoyens européens.
Le PCF parle de "déni d'humanité". Et il a jugé après le discours de Brice Hortefeux, et alors qu'Eric Besson doit lui succéder, que "peu importe le ministre, le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale doit disparaître". L'organisation Réseau éducation sans frontière (RESF), créée pour s'opposer aux expulsions, a salué en revanche le départ prochain du "ministre de la rafle, Stakhanov de l'expulsion, ministre du chiffre imposé à tous les étages des administrations, (...), ministre de la peur, celle des enfants qui revenant de l'école, n'ont plus revu le père, la mère ou le frère, quitté le matin".
"Une mission très idéologique"
La Cimade, association d'aide aux demandeurs d'asile, déplore que les principes "d'humanité, de dialogue, d'équilibre" n'aient pas été mis en oeuvre, en fustigeant notamment "l'obsession des quotas d'expulsion", la situation dans les centres de rétention administrative et le manque de concertation avec les associations qui s'occupent des migrants. "Sur le plan bilatéral, poursuit la Cimade, le ministre a exercé une pression considérable pour obtenir la signature d'accords entre la France et plusieurs Etats africains afin que ceux-ci acceptent plus facilement l'expulsion de leurs propres ressortissants, et même ceux d'Etats tiers". Elle déplore que le "Pacte européen sur l'immigration (...) ne comporte aucune orientation nouvelle, sinon la perspective de moyens accrus consacrés aux dispositifs sécuritaires".
De son côté, France Terre d'asile relève que le ministre s'est "acquitté (...) d'une mission très idéologique" visant à rassurer la partie de l'opinion publique "la plus frileuse, la plus proche de l'extrême droite, la plus hostile à la diversité et la convaincre que l'immigration était sous contrôle. Une administration de l'immigration a certes vu le jour. C'est une très belle construction technocratique, créée sous l'angle quasi exclusif du contrôle au détriment du volet social". Selon l'association, Brice Hortefeux a fait le plus simple : "gérer autoritairement (...) l'immigration, dans une période de crise qui divise profondément l'opinion publique. (...) Le défi migratoire reste entier pour la France comme pour l'Europe".
Amnesty international France parle de "pression accrue sur les étrangers" et estime que le Pacte européen sur l'immigration et l'asile, "qui a pour objectif de consolider la coopération entre les Etats afin de lutter contre l'immigration irrégulière, vise surtout à entraver l'accès au territoire".
D'après agence
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