Jean-François Copé © TF1/LCIJean-François Copé en a fait "une affaire personnelle", quitte à provoquer l'incompréhension d'une partie de l'opinion sur un texte très technique. Mais le patron des députés UMP entend bien mener à bien dans les deux semaines qui viennent la réforme de la procédure parlementaire. Les députés engagent mardi l'examen d'un projet de loi réformant la procédure parlementaire et, en particulier, le droit d'amendement. Pour limiter les possibilités d'obstruction, le projet de loi prévoit d'attribuer aux groupes parlementaires un temps global de parole pour chacun des débats. La majorité veut ainsi lutter contre l'obstruction alors que l'opposition accuse la droite de chercher à la "bâillonner".
Dans un clip de quatre minutes intitulé "Obstruction parlementaire, quand le Parlement s'éveillera", le groupe UMP présente quelques exemples d'obstruction. Figurent des passages de l'examen, en décembre, de la réforme de l'audiovisuel public et quelques grands moments d'obstruction en séance depuis le début des années 1980. "Ce n'est pas que la gauche. C'est la gauche et la droite. La droite en a été l'inventeur", reconnaît Jean-François Copé,président du groupe UMP, en rappelant les débats des années 1980 où l'opposition (RPR et UDF) s'opposait vivement aux réformes proposées par les gouvernements de gauche.
"Notre droit d'amendement, c'est la liberté d'expression"
Pour contrer l'offensive du groupe UMP dans les médias, le porte-parole du groupe socialiste dans ce débat, Jean-Jacques Urvoas, a présenté un clip de près de sept minutes intitulé "Notre droit d'amendement, c'est votre liberté d'expression". Il montre le rôle joué par des députés socialistes lors de débats importants, ces dernières années, sur le contrat première embauche (CPE) ou les organismes génétiquement modifiés (OGM). "Cette histoire d'obstruction n'est qu'un alibi.
Alors que la bataille s'annonce très tendue entre droite et gauche sur ce dossier du travail parlementaire, le président de l'Assemblée nationale Bernard Accoyer a tenté de trouver un début de compromis mardi matin. Il a déclaré qu'il proposerait, par voie d'amendement à ce texte, que sur demande d'un président de groupe, l'examen d'un projet de loi dure au minimum une semaine. Selon cet amendement, les présidents des groupes parlementaires pourront en effet s'opposer "à ce que le délai entre le début de l'examen d'un texte et son adoption puisse être inférieur à une semaine", a précisé le président dans un Communiqué. Bernard Accoyer a fait cette annonce quelques minutes après la fin de son entretien avec les trois anciens présidents socialistes de l'Assemblée (Laurent Fabius, Louis Mermaz et Henri Emmanuelli) et le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault. Les quatre parlementaires qui voient dans la réforme une "régression", avaient demandé rendez-vous à M. Accoyer, estimant qu'il ne "pouvait pas prendre la responsabilité de rabaisser la place du Parlement". Les socialistes prévoient près de 5.000 amendements sur le texte.
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