Martin Hirsch hérite de la Jeunesse

le 12 janvier 2009 à 15h15 , mis à jour le 14 janvier 2009 à 17h42

Le Haut commissaire aux solidarités actives, et désormais également à la Jeunesse, est l'un des principaux symboles de l'ouverture à gauche du gouvernement.

Nicolas Sarkozy et Martin Hirsch (août 2008)Nicolas Sarkozy et Martin Hirsch (août 2008) © TF1/LCI

"Mon but, c'est comment être utile. C'est mon critère de réussite", répète-t-il à l'envie. Classé à gauche, symbole de l'ouverture voulue par Nicolas Sarkozy, Martin Hirsch est le père de la loi sur le Revenu de solidarité active (RSA), adoptée fin novembre par le Parlement et destinée à encourager le retour à l'emploi des Rmistes et à augmenter les revenus des travailleurs pauvres. Le RSA, après une bataille politique qui a divisé au sein même de l'UMP, devrait finalement prendre effet en juillet.
  
Lundi, l'actuel Haut-commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté a vu ses compétences élargies à la Jeunesse. Une annonce faite par le chef de l'Etat lors de ses vœux aux enseignants. "Le projet qui est le nôtre, c'est de travailler autour d'une idée : la première demande des jeunes, c'est celle d'un droit à l'autonomie. Et toute la  politique de la jeunesse du gouvernement doit être tournée autour de cette idée  de renforcer l'autonomie des jeunes", a expliqué Nicolas Sarkozy. "Martin Hirsch a toute ma confiance, il a mis en place le RSA, il suivra la  mise en place du RSA", a-t-il ajouté, précisant que" Martin Hirsch est un homme qui toute sa vie s'est engagé (...) je vois beaucoup d'intérêt à ce qu'un homme qui a fait de sa vie une vie d'engagement,  soit celui qui, au sein du gouvernement et sous l'autorité de M. Fillon, porte  cette idée d'engagement auprès des jeunes".
 
Né le 6 décembre 1963 à Suresnes (Hauts-de-Seine), Martin Hirsch est ancien élève de Normale Sup et de l'Ena, maître des requêtes au Conseil d'Etat, également diplômé d'études approfondies de neurobiologie et titulaire d'une maîtrise de biochimie. Il est entré en politique en 1997, prenant la direction du cabinet de Bernard Kouchner, secrétaire d'Etat à la Santé, dont il a toujours été un proche. En 1999, il devient directeur général de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), tout en prenant des responsabilités bénévoles au sein du mouvement Emmaüs. Il accepte de présider les communautés de 1995 à 2002, date à laquelle il succède à l'Abbé Pierre à la présidence d'Emmaüs-France.

Ce bourreau de travail, qui doit renoncer à l'Afssa en 2004, s'engage encore plus dans la lutte contre la pauvreté. Il fourmille d'idées, impose des concepts nouveaux comme la taxe textile, dite taxe Emmaüs, qui doit financer les activités d'insertion liées au recyclage des vêtements usagers. Martin Hirsch entend déjà bousculer les vieux clivages, "sortir de la dichotomie entre une gauche qui défendrait l'assistanat et une droite qui s'est  arrogée le monopole de l'effort", dit-il. Un an après avoir rédigé, avec l'Abbé Pierre, un "Manifeste contre la pauvreté" (2004), il lance dans un rapport au  gouvernement son projet de "Revenu de solidarité active" (RSA). Nicolas Sarkozy, comme Ségolène Royal, l'adopteront dans leur programme de campagne. Martin Hirsch est marié et père de trois enfants.

le 12 janvier 2009 à 15:15
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