Ségolène Royal et Martine Aubry (novembre 2008) © TF1-LCICritiquée pour ses débuts bien silencieux à la tête du PS, Martine Aubry a adopté dès le début de cette semaine un ton très offensif contre le gouvernement. Selon un membre de la direction du PS, "c'en est fini d'un parti mou et cacophonique même si d'éventuels rappels à l'ordre aux uns et aux autres doivent suprendre. Nous allons taper sur Sarkozy et sa stratégie de bougisme permanent mais inefiicace". Depuis plusieurs jours déjà, le porte-parole du parti Benoît Hamon a donné le ton de cette offensive contre "la politique de la droite", avec un style et des arguments qui rappellent un socialisme d'avant 1983, peu soucieux de s'inscrire dans les contraintes de l'économie de marché. La nouvelle direction du PS a clairement choisi de rompre avec l'esprit "parti de gouvernement", pour ne pas laisser à l'extrême-gauche le monopole de la contestation sociale.
Royal colle à l'opinion
Cette stratégie "à gauche toute" ne plaît pas au camp Royal. Ainsi la semaine dernière, François Rebsamen a affirmé que le PS avait besoin de rester un parti énergique avec un langage moderne. Même analyse de Vincent Peillon qui a lancé un site pour structurer le courant royaliste.
Bien loin de tout ces débats, en apparence seulement, Ségolène Royal a pour sa part choisi de profiter de l'investiture de Barack Obama pour se rendre à Washington et parfaire sa stature internationale. Alors que Martine Aubry va tenter de rendre audible le PS avec son contre-plan de relance, la présidente de la région Poitou-Charentes va se retrouver mardi dans la foule américaine pour assister au discours historique du futur président des Etats-Unis, l'occasion de fournir aux télévisions françaises des images, de "modernité" assurément. "C'est bien joué de la part de Ségolène, explique un de ses amis. Le contraste avec les images tristounes de la rue de Solférino va lui profiter". Restant en dehors du parti puisqu'on lui a "volé sa victoire", selon ses dires, l'ancienne candidate à la présidentielle va continuer de travailler l'opinion et structurer son courant même si ses partisans sont obligés de jouer franc-jeu avec la direction du PS, investiture pour les europénnes de juin oblige.
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