Maternité de Dati : Pécresse entre dans le débat

le 12 janvier 2009 à 12h24 , mis à jour le 12 janvier 2009 à 16h23

La ministre de l'Enseignement supérieur a plaidé pour la création par la loi d'"un intérim de 16 semaines" pour les femmes politiques, jugeant que Rachida Dati n'avait "pas eu le choix".

TF1-LCI, Valérie PécresseValérie Pécresse © LCI

Valérie Pécresse a plaidé dimanche pour la création par la loi d'"un intérim de 16 semaines" pour les femmes politiques après un accouchement, jugeant que Rachida Dati n'avait "pas le choix" lorsqu'elle est revenue à son ministère cinq jours après avoir accouché. "Je crois que dans le système actuel, tel qu'il est organisé, Rachida Dati n'avait pas le choix et je crois que j'aurais fait la même chose qu'elle", a déclaré la ministre de l'Enseignement supérieur sur France Inter et i-Télé jugeant que la Garde des sceaux s'était retrouvée dans une situation "inextricable".

"J'ai beaucoup réfléchi depuis quelques jours (...) Je crois que si nous voulons banaliser la politique pour les femmes, attirer le maximum d'entre elles en politique et éviter qu'elles aient à faire des choix proprement inhumains en termes de vie privée et en termes d'épanouiseemnt personnel, il faut que nous entamions une réforme institutionnelle et que nous prévoyons un intérim de 16 semaines pour chaque élue, députée, maire, conseiller général et pourquoi pas pour les ministres", a-t-elle dit. "Le suppléant prendrait la responsabilité automatiquement et rendrait le siège une fois l'intérim passé", a précisé la ministre et "soyons même fou, on pourrait prévoir que cet intérim puisse aussi exister" pour les hommes politiques. Selon elle, "il faut au moins une loi et peut-être même une loi organique" pour instaurer cette réforme.

Le satisfecit de Benoît Hamon
 
Une proposition jugée par l'UMP comme une "bonne idée qui mérite réflexion". "Les femmes politiques ont les mêmes droits que les autres parce qu'elles sont les représentantes de la population", a estimé lundi l'un des porte-parole du parti, Dominique Paillé.

Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon a lui jugé "assez intelligente" et "de bon sens" la proposition d'un congé de maternité pour les femmes politiques. Valérie Pécresse a fait "des propositions assez intelligentes et qui me paraissent de bon sens dès lors qu'on veut permettre aux femmes politiques de pouvoir s'inscrire dans la durée dans un engagement", a déclaré M. Hamon sur RMC. De son côté, l'ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius a jugé sur Canal+ que "probablement rien de tout cela ne serait arrivé si M. Sarkozy n'avait pas eu l'étrange idée" d'annoncer cinq jours après l'accouchement de Mme Dati "un projet qui la concernait au premier chef", la réforme du juge d'instruction. Le président de La République "aurait pu attendre quelques temps", a jugé le député de Seine-Maritime.
 
 

le 12 janvier 2009 à 12:24
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