Hémicycle de l'Assemblée nationale Les députés PS ont de nouveau boycotté mercredi la séance des questions d'actualité au gouvernement pour exiger du président UMP de l'Assemblée Bernard Accoyer des garanties au plus vite sur les droits du Parlement et de l'opposition. "En l'absence de garanties sur les conditions de reprises du dialogue sur les droits du Parlement, le groupe SRC (PS, PRG et divers gauche, ndlr) ne participera pas cet après-midi à la séance de questions au gouvernement", avait d'avance justifié Jean-Marc Ayrault.
La semaine dernière, le groupe socialiste avait déjà boycotté la séance télévisée des questions d'actualité au gouvernement à l'Assemblée - fait inédit depuis sa création en 1974 - pour protester contre l'attitude du gouvernement et de la majorité sur la réforme du travail parlementaire. Cette réforme prévoit notamment de limiter la durée des débats sur les projets de loi et d'encadrer le droit d'amendement. Ce projet de loi organique a été voté mardi en l'absence des socialistes.
"Désolant"
"Les socialistes souhaitent que s'engage une négociation sans préalable et que soient débattues sans exclusive les propositions de modification de nos règles du débat parlementaire", a ajouté mercredi Jean-Marc Ayrault dans un communiqué. "Il revient au président de l'Assemblée nationale (Bernard Accoyer) et à personne d'autre de réunir les conditions d'une sortie de crise préjudiciable à nos institutions et au travail parlementaire", selon le député-maire PS de Nantes. "Ils demandent au président (Accoyer) de se porter garant de la réunion rapide du groupe de travail dont les travaux se sont interrompus en décembre avec le dépôt de la loi organique", a-t-il ajouté avant de conclure : "le respect de nos valeurs républicaines le commande".
"Je me mets à la place des Français, en particulier ceux qui ont des sympathies à gauche: voir leur opposition refuser de siéger sous des motifs plus ridicules les uns que les autres, c'est désolant", a déclaré le patron des députés UMP, Jean-François Copé, dans les couloirs de l'Assemblée. Le député-maire de Meaux estime que "l'on est dans un moment clé où l'on doit être rassemblé, quitte à faire valoir nos différences". Pour le secrétaire d'Etat chargé des Relations avec le Parlement, l'UMP Roger Karoutchi, "ça n'a aucun sens. Qu'ils viennent là devant les Français et posent les questions qu'ils ont sur la situation sociale. Le groupe communiste est là". Pour sa part, Jean-Pierre Brard (app-PCF) a justifié : "Nous avons si peu de possibilités de nous exprimer que nous pensons qu'il vaut mieux être à la séance des questions qui est télévisée".
A la présidence de l'Assemblée, on se dit néanmoins toujours "ouvert" au compromis. Bernard Accoyer a envoyé mercredi une lettre aux quatre présidents de groupes les informant qu'il réunirait le 11 février le groupe de travail interpartis sur la réforme du règlement pour un "échange sans préalable".
D'après agence
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