La forêt landaise dévastée par la tempête du 24 janvier 2009 © TF1-LCIMETEO |
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Alors que François Fillon réunissait lundi après midi les ministres et acteurs concernés par la tempête, la controverse se développait autour des moyens destinés à lutter contre l'impact de la tempête. A gauche et au Modem, mais aussi au sein des syndicats, on déplore un manque de moyens.
Henri Emmanuelli, président PS du conseil général des Landes, dont les forêts de pins ont été ravagées par la tempête, a jugé lundi "dérisoires par rapport à la réalité" les sommes évoquées pour faire face aux conséquences de cette catastrophe naturelle. Pour le député des Landes, l'Etat doit donner "la priorité aux actes et pas à la com'" alors "certaines autorités" annoncent "des actions que ne voient pas les gens" sur le terrain. Selon Henri Emmanuelli, cette tempête est "beaucoup plus grave qu'en 1999", "pas sur le plan humain (...) mais sur le plan économique".
Le président du Mouvement démocrate, François Bayrou, a jugé pour sa part que la question de l'enfouissement des lignes électriques devait être "traitée d'urgence" en France, jugeant "inimaginable" qu'un "pays comme le nôtre" soit "aussi vulnérable à un coup de vent". Selon lui, "il est impossible qu'on en reste là, avec un pays qui se trouve paralysé pour huit à dix jours lorsqu'il y a une tempête, ce qui après tout est un événement météorologique normal". "Je n'arrive pas à imaginer qu'un pays comme le nôtre, dont les technologies et les entreprises sont à ce point en pointe, soit incapable de traiter un problème aussi simple", a-t-il insisté, se disant "sûr qu'il existe aujourd'hui des méthodes pour enfouir des lignes qui coûtent moins cher que ce qu'on nous annonce".
Des services publics trop affaiblis pour faire face ?
Les syndicats ont aussi estimé lundi que les difficultés rencontrées pour réparer les dégâts causés par la tempête étaient dues au "manque de personnel" et au "démantèlement" des services publics, induits par la réforme de l'Etat en cours. Selon le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, les délais nécessaires pour rétablir le réseau électrique dans le Sud-Ouest sont ainsi directement liés à la fermeture de centres EDF sur place. "Pour faire face à ce genre de situations, il faut détacher du personnel qui vient du reste du territoire pour représenter des renforts en des lieux qui ont des besoins urgents", a-t-il poursuivi, et cela "implique des délais qui sont plus importants, avec davantage de répercussions pour nos concitoyens". Pour le dirigeant de la CGT, cette situation permet "d'apprécier en quoi il est important de pouvoir disposer de services publics conséquents, efficaces et disposant de moyens adaptés. Ce sera aussi l'objet de la mobilisation du 29 janvier".
Même son de cloche à Force Ouvrière où la fédération des Transports a estimé que le "morcellement" des responsabilités publiques lié à la décentralisation et la "suppression en cours" des services techniques et territoriaux de l'Etat "s'opposent à une réponse efficace et coordonnée des services publics". A Météo-France, le syndicat Spamset-Solidaires, qui se dit la première organisation interne, a jugé de même que le gouvernement et la direction de Météo-France faisaient "fausse route en décidant de fermer une cinquantaine de centres météorologiques, indispensables à la surveillance du temps et du climat".
Dans l'ensemble, les syndicats ont jugé que la Révision Générale des Politiques Publiques, à laquelle ils sont opposés, et qui prévoit le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, va "accentuer cette dérive dont on mesure pourtant déjà les effets dramatiques".
D'après agence
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