Pris pour cible, Sarkozy ouvre le dialogue

le 29 janvier 2009 à 20h36 , mis à jour le 30 janvier 2009 à 11h02

Critiqué dans les manifs, le chef de l'Etat juge l'inquiétude "légitime" et rencontrera les syndicats en février pour "convenir du programme des réformes".

Nicolas Sarkozy Crise UMP Nicolas Sarkozy sur le perron de l'Elysée © Abacapress

L'Elysée a souhaité faire profil bas en ce jeudi de manifestations. Et face à la forte mobilisation un peu partout en France, Nicolas Sarkozy a réagi par un simple communiqué en début de soirée. Le chef de l'Etat a jugé "légitime" l'inquiétude qui s'est exprimée lors de la journée de grèves". "La crise d'une ampleur sans précédent qui affecte l'économie mondiale provoque en France comme partout dans le monde une inquiétude légitime", a-t-il estimé. "Cette crise impose aux pouvoirs publics un devoir d'écoute, de dialogue et en même temps une grande détermination à agir. Dans cet esprit, je rencontrerai durant le mois de février les organisation syndicales et patronales afin de mener à bien", a-t-il poursuivi.. "Notre message n'a pas changé", a-t-on voulu souligné dans l'entourage du président. Cette réunion sur l'agenda social "était prévue, elle est simplement confirmée", et portera essentiellement sur le travail et l'emploi "et peut-être la protection sociale", ajoute-t-on. 

Mais le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a d'ores et déjà averti sur France 2 que "s'il s'agit, comme je crains de le comprendre, de discuter de l'agenda des réformes que le président de la République a dans ses tiroirs, nous serons très largement en décalage avec ce que porte cette journée et la discussion n'ira pas très loin". Vendredi matin, sur LCI, le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly a insisté pour que la réunion programmée avec le chef de l'Etat et le gouvernement ait lieu "le plus rapidement", "dans les dix jours" et donne des "décisions concrètes". "Il y a des attentes concrètes. Ne pas y répondre, jouer le calendrier ou dire on ne va rien changer, cela ne pourrait être interprété que comme du mépris", a-t-il poursuivi.

Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP, a lui affirmé que la majorité devait être attentive aux mouvements sociaux et "tenir le cap du changement", dans un entretien au Républicain Lorrain à paraître vendredi. "Tout mouvement interprofessionnel doit nous rendre attentifs. Et en ce moment, avec la crise que nous connaissons, il faut l'être comme jamais", déclare l'ex-ministre du Travail, interrogé sur la journée d'action de jeudi. 
 
"Vous êtes enfin là les socialistes"


A gauche, le PS est cette fois bien revenu dans les manifs, comme le voulait sa nouvelle patronne.  Entourée d'une nuée de caméras et de perches près du Cirque d'Hiver à Paris, Martine Aubry a répété inlassablement : "Nicolas Sarkozy doit prendre la mesure de cette grande journée de mobilisation, changer sa politique", "pas seulement écouter mais entendre". "Nous le disons partout : au Parlement, et nous le disons aussi dans la rue. Notre place est aux côtés des Français qui sont très, très nombreux aujourd'hui", assure-t-elle, rejetant toute velléité de récupération du mouvement : "le Parti socialiste quand il est dans la rue, lorsque la France va mal, lorsque les Français souffrent, il est à sa place". Chemin faisant, elle a fait la bise à la numéro un communiste Marie-George Buffet qui se "réjouit que toute la gauche soit présente".

La maire de Lille a pris ensuite place pendant près de deux heures sous une grande banderole PS "Agir vraiment contre la crise", entourée du maire de Paris Bertrand Delanoë et de nombreux responsables PS. Vincent Peillon, proche de Ségolène Royal, était là : "C'est une manifestation contre Sarkozy, pas sur les bisbilles à gauche", affirme-t-il. "Vous êtes enfin là les socialistes!",  a lancé un syndicaliste du Sud-Santé, tandis qu'un autre a enchaîné: "Martine casse-toi, Martine à la plage". Mais la provocation est resté limitée et les militants ont entonné "tous ensemble". Mme Aubry ne s'en est pas offusqué : "dans le fond, ils ont raison. Lorsque nous avons un peu perdu notre âme, nous n'étions plus dans la rue, aujourd'hui nous avons retrouvé nos valeurs", dit-elle.
 

le 29 janvier 2009 à 20:36
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42 Commentaires

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  • Dan, le 30/01/2009 à 09h07

    Depuis 2003 je travaille en intérim et cdd je cherche un cdi chaque fois que j'entre dans une entreprise je fais un courrier, pas d'embauche! ils me reprennent en interim ça oui! quand je travaille, pas assistés et quand je suis au chômage comme en ce moment pas assisté alors arrêtez!!! vous ne savez pas de quoi vous parlez!!! Pour les réformes savez vous qui va encore payer ?nous les petits parce les riches eux on ne touche pas à leur fric!! les copains de sarko lui en voudrait trop!!

  • Geoffroy, le 30/01/2009 à 08h25

    Nicolas Sarkozy fait bouger la France, il la ramene a sa juste place dans le monde. Bravo M. Sarkozy. Si ils sont dans la rue c'est justement parce que vous faites votre travail. Les francais aiment a se plaindre, c'est bien connu. Il est vrai que quand ENFIN on apecoit la fin de l'assistanat, cela va forcement entrainer tous les faineants de france a minifester! Bravo M. SSARKOZY et bonne continuation, NOUS SOMMES AVEC VOUS!

  • Le rochelais, le 30/01/2009 à 08h19

    L'inquiétude du Président est légitime; le Peuple a des comptes à règler avec la délinquance financière; il faut moraliser le monde des affaires; le tout libéral c'est fini, mais il lui sera très difficile de changer de convictions; Chirac a laissé des plumes lorsqu'il a été obligé de reconnaitre l'exixtence de l'Europe.

  • DHL, le 30/01/2009 à 07h58

    Sarkozy n'est là l'homme de la situation. Il n'a plus la confiance du peuple et devrait démissionner. Il ne pense qu'à ses réformes que l'ensemble des Français ne veulent pas (par ex; le travail du dimanche).Il ne pense qu'à son électorat de l'U.M.P.(l'Union Misère Peuple) et à la classe des nantis. On ne peut pas dire qu'il écoute, c'est un petit colérique (ex. mise à l'écart du Préfet de la Manche et du Préfet de Police, parce que Mr ne tolère pas qu'il y ait des manifestations lors de ses visites.Contrairement à ce qu'Hélène de Montauban dit les Fraçais n'attendent pas les réformes de Sarkozy, elles ne sont que des interdictions de tout !

  • Fabrice, le 30/01/2009 à 07h57

    J'ai été choquée d'entendre Mme Aubry dire hier soir dans "à vous de juger" sur france2 que "Sarkozy avait fait arriver la récession en France avant la crise"! les gens bien informés savent que le mois dernier la France est l'un des rares pays européens qui , à la surprise de tous, a évité la récession. Si la gauche avait là le sort de la France aurait été joué depuis déjà un bon moment! Alors Mme Aubry arrêtez de mentir et de manipuler ainsi les français; comment pouvez-vous espèrer être crédible en nous racontant des histoires?!!!

  • Jonalan, le 30/01/2009 à 07h45

    Depuis maintenant plusieurs mois la crise qui vient de l'Amérique touche la france comme bien d'autre pays. Et bien en France, selon les français, toute cette mauvaise conjoncture est le fruit de la politque d'un seul homme: en l'occurence Monsieur Sarkozy. Quel grand niveau de réflexion!!! Quel peuple reconnaissant!!!!!!!

  • Az, le 30/01/2009 à 07h42

    Oui, des réformes on en veut. Mais celles qui démentèlent la République on en veut pas.

  • Nadège, le 30/01/2009 à 07h39

    Comme c'est facile de se plaindre quand on est fonctionnaire!!!!!!!!!! Comme c'est facile de critiquer quand on est du PS et qu'on a une seule chose à faire, critiquer!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Ils ne font que ça et à longueur d'année!! venez !! venez messieurs dames dans le privé!! et le ps!!!! un ramassi d'incompétents on voit ou nous a menée la politique sociale!!!!!!!!! à la chute de la France!! nous nourrissons les incompétents, les bons à rien, nous leur donnons de quoi vivre!!! et nous devrions continuer??????????????? Mr Sarkozy je suis de tout coeur avec vous!:!:! Tenez le cap !!!!!!!! tenez bon face à ces imbéciles!!!!!! qui ne demandent qu'une seule chose, garder leurs privilèges et continuer à dormir près du chauffage !! je souligne que je fais parti de la France du bas, que je suis contente d'avoir un vrai président !

  • Moune, le 30/01/2009 à 07h25

    Je ne comprends pas la grève d'hier !Le monde est dans une crise économique grave et je ne pense pas que le fait de descendre dans la rue puisse la guerir !!!!!

  • Stef, le 30/01/2009 à 06h19

    Je suis vendeur chez un grossiste, je connais donc tres bien la réalité du marché. Les ouvriers tirent la langue, tout comme les petits patrons. Que ces derniers ne ce sentent donc pas offusqués de ces manifestations, les francais sont, je l'espere, assez intelligent pour comprendre que les artisans sont sans doute encore plus toucher que les ouvriers eux meme. Ceci étant si je prends l'exemple du patron France de la multinationale ou je travaille, son salaire net en 2007 a été de 9 milliard d'euros, a titre de comparaison j'en touche 1000 pour 42/45h par semaine payé 37. Voila pourquoi les francais ont été dans les rue et estiment, n'ayont pas peur des mots, "etre prit pour des cons". On ce savait "vache a lait" mais là cela dépassent les bornes.

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