Nicolas Sarkozy lors de ses voeux aux parlementaires à l'Elysée, en janvier 2009 © LCICes "voeux" à la presse de Nicolas Sarkozy devraient être plus calmes que l'an dernier puisqu'il n'y a cette année pas de conférence de presse. On se souvient du numéro que le président avait réservé au patron de Libé suite à une question sur la "monarchie". Cette année, le chef de l'Etat doit annoncer vendredi, lors de la clôture des états généraux de la presse, un plan pour éclaircir l'avenir d'une presse française en crise. Le président français dira ce qu'il a retenu de la vaste consultation lancée il y a plus de trois mois pour venir en aide à ce secteur sinistré. Déjà handicapée par le succès d'internet, la concurrence des journaux gratuits, les difficultés de coût et de distribution, la presse écrite voit ses problèmes encore aggravés par la crise économique, qui plombe les ventes et les recettes publicitaires.
Quatre chantiers furent lancés à l'automne sous la houlette de Bruno Frappat, président du groupe Bayard (métiers du journalisme), Arnaud de Puyfontaine, ancien président de
Mondadori France (processus industriel), Bruno Patino, directeur de France Culture (presse et Internet), et François Dufour, cofondateur du groupe Play Bac (presse et société). Les groupes de travail ont remis à la ministre de la Culture, Christine Albanel, plus de 90 recommandations contenues dans un Livre vert. Le document sera officiellement remis vendredi au chef de
l'Etat, qui rendra ses arbitrages dans la foulée.
A l'aube d'une année qui s'annonce sombre, les auteurs proposent trois mesures d'urgence : moratoire d'un an sur la hausse des tarifs postaux prévue pour 2009, exonération
temporaire de charges sociales des diffuseurs dont la presse est l'activité principale et doublement de la part de la presse dans les dépenses de communication de l'Etat, de 20% à 40%. Autre suggestion : limiter les bénéficiaires de la TVA spéciale de 2,1% à la seule presse d'information politique et générale (IPG), alors que les autres journaux se verraient appliquer un taux relevé à 5,5 %, comme le livre.
Réouvrir les kiosques à journaux
Lors des premiers états généraux, le 2 octobre, Nicolas Sarkozy avait plaidé pour une réforme de la législation de la presse, qui date en grande partie de la Deuxième guerre mondiale, et souhaité la création de grands groupes de dimension internationale présents sur plusieurs supports, sur le modèle anglo-saxon. Un voeu non partagé par les auteurs du Livre vert, qui
prônent "la création d'entreprise plutôt que la concentration pour créer de nouveaux titres". Au chapitre industriel, le groupe fait des propositions concrètes pour limiter les coûts d'impression, suggérant par exemple une utilisation plus efficace des rotatives.
Autres idées : favoriser le portage, la réouverture de kiosques à journaux, et baisser le prix des abonnements. Face au développement d'internet, les auteurs proposent d'adapter le régime des droits d'auteur à la presse numérique et la création d'un statut d'éditeur de presse en ligne.
Invités à aborder tous les aspects du secteur, les groupes de travaux ont aussi réfléchi aux métiers du journalisme.
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