Sarkozy bichonne Dati et Besson

Par D.H., le 24 janvier 2009 à 16h56 , mis à jour le 25 janvier 2009 à 13h09

Face à un PS qui a donné un spectacle "misérable", le président a justifié son implication dans une UMP qu'il veut "ouverte", samedi dans son discours de clôture du Conseil national, lors duquel Xavier Bertrand a été élu chef du parti.

Nicolas Sarkozy conseil national UMPNicolas Sarkozy au Conseil national de l'UMP, le 24 janvier 2009 © TF1-LCI

 
> Elections européennes : Sarkozy envoie "les meilleurs", comme Dati

Xavier Bertrand est la nouvelle tête de l'UMP, assisté notamment d'Eric Besson et Nathalie Kosciusko-Morizet. Michel Barnier et Rachida Dati sont le ticket de l'UMP en Ile-de-France pour les élections européennes de juin prochain. Tout cela, on le savait avant que ces décisions soient entérinées samedi lors du Conseil national de l'UMP (lire notre article). Mais Nicolas Sarkozy est largement revenu dessus samedi, dans son discours de clôture de ce Conseil. De quoi montrer que, s'il a donné les clés du parti majoritaire à Xavier Bertrand, il reste patron de l'UMP, en ayant largement participé aux décisions.
 
Le chef de l'Etat a d'ailleurs fait applaudir Eric Besson, ce qui n'était pas évident devant un parterre UMP. "Le sectarisme, c'est pour le PS, pas pour nous", a-t-il lancé, ajoutant : "un ministre qui vient de l'extérieur comme Eric Besson, c'est le meilleur exemple d'ouverture". Selon lui, l'UMP doit porter les valeurs d'"ouverture, de respect de la diversité, d'intérêt pour la différence". "Le sectarisme nous est interdit (...) la France a besoin de tolérance", a-t-il répété, estimant que "nous devons être ouverts à la critique" face à un PS qui a donné un spectacle "misérable".

Dati, Yade et les autres...
 
Mais surtout, le président a officialisé et défendu le tandem Barnier-Dati pour la liste d'Ile-de-France pour les européennes de juin. Rendant hommage à la ministre de la Justice, qui représente au mieux "la diversité", a-t-il souligné, il a expliqué que la France envoyait pour les Européennes "les meilleurs au Parlement européen", sous entendu ce n'est pas une punition mais une récompense pour Rachida Dati. "La décision d'une formation politique de mettre à la tête de la première région de France par le nombre d'habitants Rachida et Michel (était) proprement historique". "Aucune formation politique n'a osé jusqu'à présent la faire", a-t-il insisté, disant encore "ils vont faire avec Rachida le plus formidable tandem complémentaire que la vie politique française ait connu depuis longtemps". "Il m'est arrivé de partir, je veux le dire aux deux, dans des conditions moins amicales que celles qui vous sont réservées", a-t-il dit à Michel Barnier et Rachida Dati, qui devraient quitter leurs responsabilités ministérielles.

Critiquant ceux qui ont refusé de porter les couleurs de l'UMP aux européennes, comme la secrétaire d'Etat aux Droits de l'Homme Rama Yade, Nicolas Sarkozy a lancé qu'il avait "plus de respect, plus d'amitié, plus de reconnaissance pour ceux qui conduiront le combat que pour ceux qui suivent le combat que font les autres". "Une famille politique, elle est faite de combattants et de combattantes, elle est faite de gens qui aiment le combat, qui aiment convaincre, qui aiment prendre des risques". "On a besoin de gagneurs, pas de suiveurs". "C'est peut-être ce qui fait la différence entre nous et une grande école qui forme les hauts fonctionnaires de la République", a-t-il ironisé en allusion à l'Ecole nationale d'administration (ENA). Et pour lancer la campagne des européennes, Nicolas Sarkozy a fait une longue ode à l'Europe. "Ce qui a manqué à l'Europe, c'est une grande ambition", a-t-il dit, appelant les membres de l'UMP à se lancer dans la campagne. Ce scrutin, a-t-il souligné, constituet "un rendez-vous essentiel" .
 
Le président est aussi revenu sur une thématique qui lui est chère : celle de la refondation du capitalisme. Il a estimé que le mot "travailleur" ne devait pas être tabou et qu'il fallait prendre en compte l'identité ouvrière qui a tendance à se réfugier dans les extrêmes, a-t-il dit, après avoir été chercher le vote FN.

Par D.H. le 24 janvier 2009 à 16:56
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