Les députés socialistes protestent dans l'hémicycle contre la réforme du parlement, le 20 janvier 2009 © TF1/LCI 
Les images des députés PS devant le perchoir
Le débat explosif sur la réforme du Parlement a tourné mardi soir au vinaigre et à la crise politique, après une semaine de tension. Dans un mouvement de protestation sans précédent depuis des décennies, plusieurs dizaines de députés PS se sont rassemblés peu après 23h au pied de la tribune en scandant "démocratie, démocratie" et en chantant la Marseillaise. Imperturbable, le président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, a poursuivi la séance comme si de rien était. "Accoyer, démission", a alors scandé l'opposition.
D'après un député PS, il faut remonter à 1947 pour retrouver des députés - communistes - chantant la Marseillaise dans le Palais-Bourbon. La gauche a ensuite quitté l'hémicycle, laissant seul le gouvernement avec sa majorité poursuivre l'examen du projet de loi organique, qui prévoit de limiter la durée des débats parlementaires et encadre le droit d'amendement. Autre fait exceptionnel : l'opposition a annoncé qu'elle boycotterait aussi la séance télévisée des questions au gouvernement, mercredi à 15h00 (A suivre en direct sur LCI.fr). "Nous avons assisté à un coup de force de certains députés de l'opposition. Je déplore profondément cette attitude violente, en particulier de la part de parlementaires en charge de légiférer. Elle n'est pas digne de la représentation nationale", a réagi Bernard Accoyer.
"Vous vous êtes foutus de ma gueule"
La tension est en fait montée graduellement dès que l'Assemblée a commencé à 21h30 l'examen de l'article 13, le plus controversé du projet de loi. Il prévoit que "les amendements déposés par les membres du Parlement peuvent être mis aux voix sans discussion". L'exécutif et la majorité estiment qu'il s'agit de "mieux légiférer". L'opposition accuse le chef de l'Etat et sa majorité de vouloir "mater" le Parlement. La colère de la gauche a atteint son paroxysme quand l'Assemblée a voté la clôture anticipée de la discussion sur l'article 13, à la demande du président UMP de la commission des Lois, Jean-Luc Warsmann, alors que tous les élus PS inscrits ne s'étaient pas encore exprimé. Les députés PS étaient d'autant plus remontés que leur chef de file, Jean-Marc Ayrault, venait de faire une proposition de compromis (permettre aux présidents des groupes parlementaires de déroger quatre fois par an au "temps programmé" pour l'examen d'un texte).
"Vous vous êtes foutus de ma gueule et je ne suis pas prêt de l'oublier", a lancé Jean-Marc Ayrault au secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement Roger Karoutchi dans les couloirs de l'Assemblée. "Vous faites une erreur en multipliant les amendements de suppression de cet article", a répondu celui-ci. Le gouvernement et l'UMP dénoncent "l'obstruction" de la gauche depuis le début de l'examen du texte il y a une semaine. Deux ex-présidents PS de l'Assemblée, Laurent Fabius et Henri Emmanuelli, ont alors pris la parole. "L'autorité, ce n'est pas l'autoritarisme", a lancé Laurent Fabius. Certains députés de la majorité ont eux aussi protesté après la décision d'abréger la discussion sur l'article 13 : "Que tout le monde ne puisse pas s'exprimer sur l'article principal, cela me choque", a déclaré François Sauvadet, président du groupe Nouveau centre (NC, partenaire de l'UMP). Après le départ de l'opposition, la majorité UMP et NC a siégé jusqu'à trois heures du matin, le temps d'adopter dans le calme et le consensus l'article 13 et quatre autres. Le président Accoyer espère que le débat va "reprendre un cours normal" mercredi.
D'après agence
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