Martine Aubry, le 19 janvier 2009 © TF1/LCIOn la dit silencieuse mais Martine Aubry intervient en réalité à des moments choisis, préférant la parole rare à l'omniprésence médiatique de l'ancien patron du PS François Hollande. Ce vendredi, la 1ère secrétaire du PS est à la "Une" du Parisien et donnait également une interview à Europe 1. Face aux lecteurs du quotidien, elle donne son analyse de la crise économique et surtout sociale. Elle dit craindre la propagation des événements qui secouent les Antilles à la métropole. "Je crains effectivement que le sentiment de ras le bol des Guadeloupéens et des Martiniquais se diffuse ici", souligne Mme Aubry après avoir relevé que "le sentiment d'injustice aux Antilles est d'autant plus fort que la vie y est plus chère qu'en métropole". Cette crainte est alimentée "notamment parce que le président de la République reste sourd aux attentes des Français", ajoute-t-elle.
"C'est ce décalage qui me fait craindre une propagation des événements qui agitent les Antilles", dit-elle, affirmant: "il faut tout faire pour que cela n'arrive pas". Pour Mme Aubry, pour que l'économie marche, "il faut désormais relancer la consommation, et agir vite, comme le font Angela Merkel en Allemagne, José Luis Zapatero en Espagne, Gordon Brown en Angleterre, et Barack Obama aux Etats-Unis". "Ce que je reproche au chef de l'Etat, ce n'est pas de vouloir faire des réformes", dit-elle, "c'est de faire des réformes qui vont toutes dans le sens de la régression sociale".
"Je respecte profondément Ségolène Royal"
"Quand Nicolas Sarkozy veut faire travailler les Français le dimanche, il fait une loi. En revanche, quand ils s'agit de plafonner les salaires des grands patrons, il crie mais là, pas de loi. Obama, lui, va passer aux actes. J'attends que Sarkozy fasse de même", ajoute Mme Aubry.
Au sujet de Ségolène Royal, "dès le premier jour, je lui ai ouvert la porte" du PS, rappelle-t-elle. "Elle n'y a pas répondu". "Je respecte profondément Ségolène Royal", "nous ne faisons pas de la politique de la même manière, mais je sais que c'est une femme courageuse et déterminée". A la question envisagez-vous de vous présenter à la présidentielle de 2012, Mme Aubry répond qu'"aujourd'hui, personne ne sait quel sera, en 2011, le meilleur candidat pour le PS. Nous le choisirons alors", souligne-t-elle.
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