Image d'archives © TF1-LCILe 5 février dernier, Nicolas Sarkozy assurait à la télévision que le généticien Axel Kahn, président de l'université Paris-Descartes, approuvait la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Des propos qui ont irrité profondément l'intéressé. Il s'en est expliqué vendredi sur RMC. En entendant le chef de l'Etat parler de son "approbation du décret" modifié sur les enseignants-chercheurs, le généticien de renom, assure-t-il, est "devenu blême".
"Ce n'était pas très correct de me prendre à témoin", a-t-il commenté, "de plus c'était dangereux pour moi car aujourd'hui (...) être considéré comme le garant du président de la République dans ce milieu universitaire, c'est la certitude de n'avoir plus aucune possibilité d'agir. Avant que je me démarque de ces déclarations, j'ai vu quelque chose de terrible : les gens me tournaient le dos ou bien me présentaient leurs condoléances".
"Que les choses soient claires"
D'où la grosse colère d'Axel Kahn, qu'il a laissée éclater dans des termes vigoureux : "Je ne suis pas un Besson moyen", a-t-il ajouté en référence au nouveau ministre de l'Immigration, issu du PS. "Que les choses soient claires, je ne suis pas Eric Besson, je suis Axel Kahn et par conséquent on ne me prend pas en otage".
Concernant le fond du problème, à savoir la réforme du statut des enseignants-chercheurs, Axel Kahn assure que la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse a bel et "retiré" le décret qui faisait polémique. "Elle a eu tort de ne pas utiliser ce terme pour des raisons j'imagine de pressions politiques de son camp", a-t-il ajouté. "Comment appelle-t-on de pouvoir réécrire totalement un texte qui était en examen final au Conseil d'Etat si ce n'est un retrait ?". Ce qui ne met pas, en soi, un terme à la réforme : Axel Kahn a estimé que le texte pouvait être "totalement refait dans la négociation (...) d'autant plus qu'il y a des points d'accord importants".
Concernant par ailleurs certaines dérives pointées dans le milieu universitaire, le généticien a qualifié les enseignants-chercheurs de milieu "profondément prolétarisé". Aussi, il a jugé que lorsqu'un collègue "dans ces conditions-là, essaie d'utiliser le temps de libre qu'il a pour améliorer son ordinaire", ce n'est pas "moralement condamnable", surtout quand on "voit certains des désordres notamment dans les milieux des finances et des affaires".
D'après agence
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