Bertrand, le hussard branché de la droite anti bling-bling

Par , le 11 février 2009 à 10h00 , mis à jour le 06 avril 2009 à 12h58

Reportage - Le patron du "Mouvement populaire" met en oeuvre sa stratégie pour reconquérir les classes moyennes. Avec des formules rodées et déjà une nouvelle stratégie internet.

Xavier Bertrand UMPImage d'archives © Abacapress
Pas de monologue. Surtout, pas de monologue. Vendredi dernier à Maisons-Alfort, la consigne est d'instaurer le débat dans ces réunions d'un nouveau type initiées par la nouvelle direction de l'UMP. Mais face aux nombreux militants présents, Xavier Bertrand ne peut s'empêcher de dérouler son discours. Ou plutôt, de "tester la salle", comme il le dit lui-même. "Avant de répondre à votre question, j'aimerais savoir combien d'entre vous utilisent chaque jour internet ? "

Quasiment toute la salle lève la main, des militants pourtant âgés, comme à chaque réunion du parti. Mais qu'importe, ces mains levées donnent un sourire boulimique à Xavier Bertrand. Le nouveau patron du "Mouvement populaire" veut faire du net le cœur de sa stratégie pour transformer son parti - enfin, le parti de Nicolas Sarkozy - en une machine à gagner en 2012. "Dans nos réunions en Ile-de-France, c'est tout le monde qui lève la main alors que dans le centre de la France par exemple, seule la moitié des doigts se lève, mais ça progresse très vite", glisse-t-il après la réunion, tel un régisseur de théâtre gourmand qui fait chaque soir le compte de ses nouveaux spectateurs.

"Je ne veux pas
rester derrière
mon bureau
rue de la Boétie"
Xavier Bertrand
Ces réunions, il va les multiplier, à raison de deux ou trois par semaine, pour faire redescendre la bonne parole sarkozienne et remonter la perception du terrain. La technique de l'ascenseur éclair. Vendredi, il sera à Reims. "Je ne veux pas rester derrière mon bureau rue de la Boétie. Je veux voir comment vivent les gens, comment marchent le choses, bref être dans la vie", explique l'ancien ministre du Travail.

 La vie, il la consume en ne dormant que quatre heures par nuit. Au micro de France Info dès 7h15 ce jour là, il enchaînera avec un petit-déjeuner avec Martin Hirsch pour parler de la pauvreté, un entretien avec un quotidien, des rendez-vous de travail, une rencontre avec Rachida Dati, un déjeuner avalé avec son équipe en trois-quarts d'heure et un déplacement dans l'après-midi. Le rythme reste ministériel.

Xavier Bertrand ne regrette pas les ors de la République mais affiche ouvertement, voire fermement, la couleur à une salle attentive : "Je n'ai pas quitté le gouvernement pour une hausse de 3 ou 4% par an du nombre de militants". Objectif donc pour 2012 : 500 000 adhérents. Le compteur du site de l'UMP affichait 277 171 à la fin de l'année... "Doubler c'est impossible, mais il faut bien se donner un chiffre", explique en aparté un cadre de la fédé du Val-de-Marne.

"Avec son
profil social,
c'en est
totalement fini
du RPR"
Un militant UMP
Xavier Bertrand, lui, martèle plusieurs fois par jour : "Je ne fais pas de la politique pour entendre dire que c'est impossible". Du Sarko pur jus. Pourtant, la musique est différente, le verbe maîtrisé, le physique rond et l'impatience moins visible. "Xavier est très fort avec son côté crémeux", sourit un militant de 26 ans. Et puis, avec son profil social, c'en est totalement fini du RPR". Un parti auquel le nouveau secrétaire général de l'UMP a adhéré à 16 ans. Déjà 25 ans de vie politique, preuve selon lui que "les choses ne sont pas allées si vite pour lui".

Et pourtant... Député anonyme il y a seulement sept ans, on le classe aujourd'hui parmi les présidentiables. Prototype d'une nouvelle génération d'hommes ou de femmes politiques, il baigne dans la société médiatique avec autant d'aisance que sur les marchés de Saint-Quentin, son fief de l'Aisne. Très présent dans les médias nationaux, Xavier Bertrand veut toutefois rappeler sans arrêt "le marqueur" de son image : c'est un gars du coin, un gars comme vous, qui n'a pas fait l'ENA et qui a des goûts simples.

En hussard de la droite anti-bling-bling, il s'est donc lancé un nouveau pari : reconquérir les classes moyennes, "celles qui sont trop riches pour bénéficier de la solidarité mais pas assez pour assurer elles-mêmes le coût de la dépendance", ces 13 millions d'actifs dont beaucoup se sentent aujourd'hui floués par les promesses de campagne de Nicolas Sarkozy. La crise est passée par là. Et donc au "Mouvement populaire", on a ajouté une jambe au sarkozysme : à la valeur travail, celle de la solidarité. "On vit mieux sur deux jambes", explique-t-il avec les formules simples du parfait communicant, répétées méthodiquement, d'un phrasé reconnaissable et infatigable.

Il n'y a pas que la formule chez Xavier Bertrand, il y a aussi le radar, allumé en permanence. "Il sent tout, il voit tout", confirme son entourage. A un délégué CGT qui l'interpelle au loin lors d'une visite chez Sanofi-Aventis, il répond très courtoisement : "Avancez-vous que l'on puisse échanger". A un chercheur qui lui explique les avancées en matière de lutte contre la maladie d'Alzheimer, il glisse l'air complice : "Vous comprenez pourquoi j'ai aimé être ministre de la Santé ?" Et à un journaliste qui l'interroge sur un éventuel changement de cap de la politique gouvernementale, il lance malicieusement : " Je le vois, votre sourire : vous aimeriez tellement écrire cela..."

"Les ressources
humaines sont
mal utilisées
en politique"
Xavier Bertrand
Le cerveau de Xavier Bertrand ne s'accorde aucun moment de répit. Et ceux de ses collaborateurs doivent suivre. Cinq l'ont suivi de la rue de Grenelle à l'UMP. Ils découvrent avec surprise la vie d'un parti et... ses pesanteurs. "La réorganisation est lourde, il faut des jours pour faire avancer la moindre chose, confie l'un d'eux. Les ressources humaines sont mal utilisées en politique. Or il faut avant tout du bon sens, pas des diplômes".

Des cartes de visite aux films de militants en passant par la mise en scène des réunions-débats, tout va être repensé, ou réajusté. Le déménagement du siège dans un quartier moins chic devrait permettre de bousculer les habitudes prises pas les salariés en place depuis longtemps. Mais la réorganisation a une priorité : la stratégie internet. A peine arrivée, la nouvelle équipe a chargé une société extérieure de repenser entièrement le site du mouvement. "Les Français veulent aujourd'hui être les acteurs de la politique et, avec internet, c'est possible. Je n'ai plus envie d'entendre : 'Tiens il sort d'où ce projet présenté en conseil des ministres ?'", explique Xavier Bertrand aux militants. Ce sera à vous de débattre et à vous de donner votre avis".

Accompagné ce soir-là de Nathalie Kosciusko-Morizet, il lui laisse la parole pour présenter le prochain débat sur la révision de la loi bioéthique. Un kit téléchargeable permettra aux adhérents de débattre lors de réunions d'appartement autour d'un petit film "qui ne fait que poser des questions ouvertes". Une convention nationale sera organisée plus tard pour faire la synthèse des échanges et trancher les débats. "Le site d'Obama vous prenait par la main, c'était un outil génial, confie la secrétaire générale adjointe. Notre défi n'est pas de faire la même chose puisque nous ne sommes pas en campagne mais de faire aussi performant pour un parti qui est au pouvoir".

"Pas question
pour autant
de rester
dans le virtuel"
Xavier Bertrand

Pas en campagne, vraiment ? L'UMP version Bertrand souhaite dès maintenant mettre en place des recruteurs sur le net et des diffuseurs de messages sur les réseaux sociaux que sont notamment Facebook et MySpace. Elle a clairement intégré la force de frappe du Web dans la politique du 21e siècle.

Lundi dernier, lors de sa première conférence de presse en tant que président, Barack Obama a invité un journaliste de la presse en ligne, Sam Stein, du site Huffingtonpost.com, à lui poser une question. En France, et toutes proportions gardées bien sûr, l'équipe de com' du secrétaire générale de l'UMP accorde désormais la même attention aux journalistes des sites médias qu'aux journalistes de la presse, télé ou radio. Et ne laisse rien au hasard. Le cap sur le Net est donc bien en marche.

"Mais pas question pour autant de rester dans le virtuel, prévient le nouveau patron. Nous devons être plus présents sur le terrain." Et de lancer aux militants une formule rodée comme dans un énième one-man show : "Pour un élu, c'est aussi important d'être sur les marchés après les élections qu'avant". La salle applaudit. "XB", comme l'appelle son équipe, connaît sa partition. Il l'a apprise chez lui, en province, très loin de l'ENA. Vingt cinq ans de vie politique déjà. En 2017, il en aura trente trois.

Par Renaud Pila le 11 février 2009 à 10:00
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25 Commentaires

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  • Florent, le 12/02/2009 à 14h17

    Ca devient un forum ici, et après y en a qui crie au scandale de la modération... et bien bravo. Sinon ca serait sympa d'en finir avec l'anti sarkosysme de base... vaste programme.

  • Bruno54, le 11/02/2009 à 22h36

    Xavier BERTRAND un beau Franç Maçon ... voilà pourquoi il n'a pas fait l'ENA !!

  • Gianni, le 11/02/2009 à 22h21

    Tres honnetement tout cela n'est que de l'agitation politique ! s'occuper des classes moyennes ! L'etat ne le fait pas ! alors c'est le patron d'un parti politique qui va le faire ? Mais de qui se moque t on ? Des resultats pour les francais dans cette crise c'est tout ce que l'on demande : Du POUVOIR D'ACHAT

  • Sam, le 11/02/2009 à 22h21

    Que l'UMP soit une machine de guerre, que Messieurs Sarkozy, Bertrand, Copé et j'en passe soient les politiques les plus brillants de la planète, je veux bien, mais en quoi tout cela rend il nos vies plus faciles et plus heureuses? c'est ça la vraie question. que l'UMP lance des débats sur le Net franchement je m'en fiche complètement...

  • PEDRO, le 11/02/2009 à 19h16

    Ah oui, Bruno a le droit de critiquer mais lui n'aime pas l'etre. Le sectarisme et l'étroitesse d'esprit dans toute sa splendeur. Moi, je critique les gauchos qui insulte les droitos depuis janvier 2007, date à la quelle, a été officiellement annoncé que le PS, sous prétexte de ne pas avoir de programme et aucune idée, que le PS avait mis en route, sa machine de dénigrement de Nicolas SARKOZY. Et après vous dites, que c'est nous à droite qui somme sectaire et toute autre terme nauséabond. Ah oui... et juset un truc, il y a des forte, mais TRES TRES forte chance que Bruno soit en effet un des modérateur, car la phrase suivante qu'il a écrit " il me fait pensez a un petit gamin de 3 ans qui n'aurait pas eu son bonbon a 4 heures ! Il tape du pieds, il pique sa crise pauvre petit bonhomme " c'est à peu de chose prêt, se que je lui ai dis hier mais je n'ai pas été publié (y a forcement quelqu'un qui l'a mis au courant ou il l'a vu lui même). Alors pour quelqu'un qui critique ceux qui n'ont pas d'idée...... et qui copie..... Et pour quelqu'un qui déteste Sarkozy et ces amis.... je me demande, ou, se qu'il fait sur ce site, ou qu'es qu'il fait à travailler à tf1? Faites se que je dis et pas se que je fais?

  • Danton, le 11/02/2009 à 17h48

    Avec ce qui se passe aux DOM TOM avant de reconquerir quelques electeurs il va falloir résoudre le problème et les Français attendent les résultats avec impatience Devedjian lui a laissé une belle ardoise avec 100000 adhérents de moins avant de parler de nouveaux electeurs essayés donc de recuperer ces 100000 perdus mais avec 69 % de mecontants il va falloir vous serrer les coudes car vous n'etes pas encore en vois de disparition mais proteger l'espece va devenir urgent si vous continuez votre politique du"TOUT POUR LES RICHES RIEN POUR LES AUTRES arretez de revez et prenez exemple sur Besanceno qui a triplé ses adherants en quelques semaines ceci indique bien un profond malaise

  • Marc, le 11/02/2009 à 17h46

    L'UMP qui s'occupe des classes moyennes ?? celles qui bossent sans arrêt et ne touchent pas des fortunes comme les grand patrons.. on l'espère. vite !!

  • Bruno, le 11/02/2009 à 17h30

    Pauvre Lefourbe !Vous avez le droit de me traiter de gaucho mais moi j'ai pas le droit de vous traitez de droito ! Et bien je me générais pas et c'est certainement pas toi qui m'en empêchera !!!! Et j'ai le droit de critiquer que cela te plaise ou non ,c'est comme ca ! et tu n'as strictement rien a dire ! Tu es incapable d'avoir des idées par toi même , le matin tu dois te lever et dire "je vais bouffer du Bruno de St Jean" Et puis tu es tellement a court d'idées que tu retournes toujours mes arguments ! Avec des fautes en plus ! "c'est comportement maternel." Ce qui prouve ta mauvaise foi et surtout qui donne une indication sur ton niveau, même pas capable de recopier proprement ! Moi je fais des fautes mais je ne copie personne ! Tu ne mérites même pas l'intérêt que je te portes, a partir de maintenant je t'ignores et je te laisses dans ta bêtise.... Quand à Bruno du Nord, Comines il me fait pensez a un petit gamin de 3 ans qui n'aurait pas eu son bonbon a 4 heures ! Il tape du pieds, il pique sa crise pauvre petit bonhomme ! Allez remettez le dans son parc !!! Lamentable e tomber aussi bas ! tu as pas compris que tu n'étais pas publié parce que tes propos sont nuls et totalement inintéressant ? Messieurs le modérateurs, dites le lui, sinon il va encore repiquer une crise a la suite de ce post !!!

  • Bob, le 11/02/2009 à 17h29

    Je vous souhaite beaucoup de courage pour contrer la déformation de la gauche et des médiats

  • Le Fourbe, le 11/02/2009 à 17h07

    Pauvre Bruno vous ne savez que critiquez mais ou sont donc vos arguments, vos propositions ???? De plus vous ne pouvez vous empechez systématiquement de vous attaquez via vos critiques a toutes les personnes du GVT sans compter votre mépris totale et débiles envers nous les gens de Droites que vous traitez de Droitos, facho totalitaire sectaire etc etc vous ne tenez pas la route dans vos propos tant il sont absurdes et sans contenu (pour preuve moi jsuis francais de Droite marié a une Kabyle votant aussi a Droite et nous ne sommes pas des Fachos Droitos sectaire nous voyons plus loin que le bout de notre nez). Vous refusez de voir les évidences qu'a cela tiennent mais arretez de stigmatisez comme vous le faites ca c'est comportement maternel.

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