© AFP La justice avait été saisie par deux syndicats du groupe BPCE (Banque Populaire-Caisse d'Epargne) qui ont porté plainte pour "prise illégale d'intérêts" à la suite de cette nomination.
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Le processus est donc enclenché, malgré la polémique qui bat son plein. François Pérol a été nommé mercredi matin "à l'unanimité" du conseil des Banques populaires, a déclaré mercredi soir sur France 2la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, sans plus de précision. Le secrétaire général adjoint de l'Elysée est pressenti pour prendre une position de direction au sein de l'entité issue du rapprochement des Banques populaires et des Caisses d'épargne. Il a été nommé "directeur général de la banque fédérale de Banque Populaire", l'organe central du groupe, a précisé une source proche du dossier. "Demain (jeudi), les Caisses d'épargne se réunissent et décideront aussi", a-t-elle ajouté, sans préciser les fonctions qu'occupera le conseiller économique de Nicolas Sarkozy.
Sa possible nomination au sein de la future 2e plus grande banque française a provoqué une polémique avec l'opposition, qui juge qu'elle pourrait enfreindre les règles déontologiques de la fonction publique. Christine Lagarde a défendu la compétence de François Pérol pour ce poste alors qu'une partie de la classe politique multiplie les attaques à propos de la future affectation de François Pérol. "Est-ce que la personne est compétente, la réponse ne fait aucun doute. Il est digne de confiance. Le président de la commission (de déontologie ndlr) s'est exprimé, il n'y a pas d'incompatibilité", a assuré Christine Lagarde. La polémique sur l'arrivée de François Pérol a rebondi mercredi. L'Elysée a en effet reconnu que la commission de déontologie ne s'était pas prononcée dans son ensemble, comme l'avait laissé entendre Nicolas Sarkozy, sur cette nomination, mais que l'accord avait été obtenu "via une lettre du président de la commission Olivier Fouquet". Martine Aubry a notamment dénoncé les "mensonges" du président qui considère que "la France lui appartient" (lire notre article).
"Pour l'instant , on renforce les fonds propres"
Sur les modalités de fusion, Christine Lagarde a rappelé que "l'Etat a la possibilité de rentrer au capital à concurrence de 20% dans un délai de trois ans" du nouvel ensemble qui formera la deuxième banque française, après le Crédit Agricole. L'Etat devrait injecter environ 5 milliards d'euros dans le futur groupe. "Ce qu'on fait pour l'instant c'est qu'on renforce les fonds propres et on se réserve de convertir notre renforcement de fonds propres en actions ordinaires avec droits de vote", a détaillé la ministre. "Tout est fait pour que (le nouveau groupe) ait plutôt intérêt à rembourser l'Etat. En même temps, ils nous payeront des intérêts évidemment", a-t-elle ajouté.
Les deux groupes ont souffert de la crise financière, en particulier leur filiale commune, la banque de financement et d'investissement Natixis. Le groupe Banque populaire a fait état jeudi de sa première perte nette annuelle de l'après-guerre imputable notamment à une provision pour dépréciation liée à Natixis (perte nette de 2,8 milliards d'euros en 2008 à cause de ses actifs à risque et de lourdes pertes dans ses activités de marché au quatrième trimestre). La banque a ainsi accusé en 2008 une perte nette de 468 millions d'euros alors qu'elle affichait un an plus tôt un bénéfice net de 1.055 millions. Et la Caisse d'Epargne aurait perdu près de deux milliards d'euros. Autre cadeau de bienvenue pour François Pérol...
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