Martine Aubry entouré du Conseil national du PS, le 28 février 2009 © REUTERSLes négociations avaient débuté vendredi soir, peu après 21h, et elles ont été acharnées jusqu'à la mi-journée samedi. Mais le PS a finalement adopté "à l'unanimité" du bureau national et "à la quasi-unanimité du Conseil national" la répartition des têtes de listes pour les élections européennes du mois de juin, s'est félicitée samedi Martine Aubry. 189 personnes ont voté pour, 14 contre, tandis que 18 se sont abstenues.
Les huit têtes de liste seront Vincent Peillon (Sud-est), Bernadette Vergnaud (Ouest) Harlem Désir (Ile-de-France), Catherine Trautmann (Est), Kader Arif (Sud-Ouest), Gilles Pargneaux (Nord-ouest), Henri Weber (Centre) et Ericka Bareitgs (DOM-TOM). Pour le nouveau premier secrétaire, la tâche relevait quasiment de la mission impossible : respecter les critères qu'elle avait elle-même fixés - parité, diversité, renouvellement - et réussir un savant dosage entre les courants nés du congrès de Reims, en novembre. Finalement, si les proches de Bertrand Delanoë tirent un peu mieux leur épingle du jeu que les trois autres écuries, les équilibres sont globalement respectés. Au-delà des questions de personnes, la maire de Lille avait à trouver un modus vivendi sur le fond entre anciens partisans du "non" et du "oui" à la Constitution européenne, quatre ans après le référendum qui avait conduit le PS au bord de l'implosion.
"Les Français souffrent"
"Je suis heureuse aujourd'hui que les socialistes soient rassemblés face aux Français pour les défendre face à cette crise dans laquelle notre pays s'enfonce, et dans laquelle le président de la République ne veut pas prendre les bonnes mesures", a déclaré la première secrétaire, à l'issue du Conseil national du parti, tenu à la Mutualité, à Paris. L'union permettra aussi, a-t-elle dit, de "proposer aux Français un projet plus juste pour la France et pour l'Europe".
Il y a cependant eu quelques "grincements, des pleurs et du sang". Ainsi le maire de Lyon royaliste Gérard Collomb a fustigé une "parodie de démocratie" comme au "comité central du PC d'URSS". Visant la direction du PS et M. Peillon, qui migre dans le Sud-est, Gérard Collomb a dit : "On ne peut pas montrer autant de désinvolture en parachutant dans des régions des gens qui n'ont jamais eu aucun contact avec les populations, qui ne connaissaient pas les problèmes, c'est totalement inadmissible". Vincent Peillon "par ce qu'il représente, sera capable de réunir tous nos camarades", lui a répondu Martine Aubry. Quant à Benoît Hamon, son porte-parole, qui a accepté de reculer en troisième en Ile-de-France, elle l'a consolé en le qualifiant d'"idole de tous les femmes quel que soit leur âge". Le cas de la députée royaliste de Moselle Aurélie Filippetti, 3e dans l'Est, fait aussi réagir, car en cas d'élection, elle devra choisir entre ses deux mandats.
Quant à la réconciliation avec l'ex-candidate à la présidentielle Ségolène Royal, "elle s'est faite peu à peu. Après un congrès, c'est jamais facile, il fallait retrouver de la confiance, j'ai fait des signes vers l'autre pour que les choses soient possibles". Le "rassemblement" s'est imposé, a-t-elle encore expliqué, parce que "les Français souffrent et veulent que nous soyons unis pour les défendre". La première secrétaire a aussi précisé que Harlem Désir, Benoît Hamon et Vincent Peillon, tous trois eurodéputés, seraient les porte-parole de la campagne européenne du PS. Le vote des adhérents pour valider ces listes est prévu le 12 mars.
D'après agences
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