© AFPDans sa première interview, François Pérol, conseiller de Nicolas Sarkozy passé à la tête d'une nouvelle banque fusionnant Caisses d'épargne et Banques populaires, rejette les critiques et plaide pour la régularité de sa nomination. "Ne soyons pas naïfs, c'est d'abord une polémique politique, elle vise plus haut que moi ! Mais les conditions de ma nomination sont régulières, j'ai voulu être en conformité avec la loi et l'administration", dit-il au Journal du dimanche.
Nomination Pérol: la justice renonce à enquêter
La justice avait été saisie par deux syndicats du groupe BPCE (Banque Populaire-Caisse d'Epargne) qui ont porté plainte pour "prise illégale d'intérêts" à la suite de cette nomination.
Publié le 03/03/2011
L'opposition de gauche, le centre indépendant, les syndicats et d'autres estiment que les règles n'ont pas été respectées, puisqu'une commission spécialisée appelée à donner son avis sur la nomination de hauts fonctionnaires dans les secteurs qu'ils régissaient n'a pas été consultée. Ils voient l'épisode comme une nouvelle preuve de ce qu'ils décrivent comme le "pouvoir personnel" du chef de l'Etat français.
"A chacun de prendre ses responsabilités"
L'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée répond en assurant avoir personnellement effectué trois démarches pour s'assurer de la régularité de sa nomination. Il dit avoir consulté le secrétariat général du gouvernement - rattaché à Matignon - un avocat qu'il ne nomme pas ainsi que le président de la commission de déontologie de la fonction publique, normalement appelée à statuer.
L'avis donné par le président de la commission, et brandi aussi par l'Elysée comme une garantie, est critiqué car le président lui-même a précisé qu'il ne se prononçait qu'à titre personnel et n'engageait pas la commission. "A chacun de prendre ses responsabilités. Je prends les miennes. La saisine de la commission, facultative, était impossible dans les délais impartis. Les conditions de ma nomination sont régulières. Maintenant qu'on me laisse travailler !", réplique François Pérol.
Un François Pérol rempli d'enthousiasme
Quand au rapprochement entre Caisses d'épargne et Banques populaires, il le commente dans des termes dythirambiques : "C'est un projet enthousiasmant, un projet formidable pour les deux groupes et pour le pays. La mission m'attire. Alors, quand le président de la République m'a demandé au milieu de l'autre semaine si j'étais prêt à prendre le job, en cas d'accord des deux banques, j'ai dit oui. Je n'étais pas demandeur". Il souligne la difficulté de la mission pour réunir les deux ensembles qui ont subi de lourdes pertes et à qui l'Etat français va donner sept milliards d'euros : "Maintenant démarre une course contre la montre pour réussir d'ici au 1er juillet".
A titre personnel, combien cette fonction lui rapportera-t-elle ? Il dit avoir proposé que son salaire soit le même que celui que percevait le président du directoire des Caisses d'épargne, dont il ne précise pas le montant. Il serait partagé à parité entre les deux entités, selon ce qu'il propose.
D'après agence
| Près d'un Français sur deux choqué par la nomination de Pérol |
Près de la moitié des Français jugent "choquante" la nomination de François Pérol à la tête du futur groupe Caisse d'Epargne-Banque populaire, selon un sondage CSA pour Le Parisien-Aujourd'hui en France. Interrogé sur cette nomination, 48% des personnes interrogées la trouvent "choquante", contre 38%. 14% des Français ne se prononcent pas. Le pourcentage des personnes choquées monte à 66% chez les sympathisants de gauche et à 56% chez ceux du Modem. Il est de 26% chez ceux de droite. Interrogés également sur la prise de participation de l'Etat dans le nouveau groupe, en échange d'une injection de plusieurs milliards d'euros, 49% des Français trouvent que c'est "plutôt une bonne chose, car ainsi l'Etat pourra surveiller l'utilisation des fonds publics". 41% critiquent "une mauvaise chose, car l'établissement bancaire issu de cette fusion doit rester indépendant". 60% des sympathisants de droite parlent d'une "bonne chose", ainsi que 45% des sympathisants de gauche et du Modem. |
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