Nicolas Sarkozy, le 24 février 2009 à Rome © TF1-LCIVrai problème ou fausse polémique ? Pour Olivier Fouquet, président de la Commission de déontologie, comme pour Nicolas Sarkozy qui s'est prévalu de son avis mardi, la question ne fait pas de doute : François Pérol, bien que conseiller de l'Elysée, peut sans souci rejoindre le nouveau groupe bancaire. "La jurisprudence traditionnelle de la commission lui est applicable", écrit Fouquet. Pas de problème, rien que de la polémique...
Mais le président de la commission, ce n'est pas la commission. L'intéressé le précise bien dans le courrier qu'il adresse à Claude Guéant, le secrétaire général de l'Elysée. "En l'absence de délibération de la Commission qui dispose, lorsqu'elle est saisie, d'un délai d'un mois, éventuellement renouvelable une fois, pour se prononcer, je ne peux vous donner qu'une opinion personnelle qui n'engage pas la Commission", écrit-il selon la lettre dont le journal Le Monde a eu connaissance.
"Un raccourci"
"La commission de déontologie a eu l'occasion de donner son point de vue, avait assuré le président de la République, ce point de vue a été "communiqué aux deux banques et il sera rendu public" (voir la vidéo). Pour Libération, c'est rien moins qu'un mensonge. Pour Claude Guéant, invité de LCI mercredi matin (voir l'interview), c'est un"raccourci". Martine Aubry, première secrétaire du PS, a aussi dénoncé mercredi "les mensonges du président", estimant que Nicolas Sarkozy considère que "la France lui appartient". "Si on devait, à chaque fois que le président dit quelque chose qui est contraire à la vérité, s'en offusquer, on perdrait beaucoup de temps", a-t-elle lancé, ajoutant "le président de la République, après avoir souhaité nommer des dirigeants de la presse, veut aussi nommer les présidents, les dirigeants des entreprises".
Face aux réactions passionnées qu'a générées l'affaire, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, est monté au créneau mercredi midi. Revenant notamment sur les propos de François Bayrou, qui considère "illégale" la nomination de François Pérol, il a assuré que le leader du MoDem était "soit incompétent, soit de mauvaise foi, soit éventuellement les deux".
Précipitée par la crise financière, qui a décidé les deux banques mutualistes à unir plus étroitement leurs forces, cette fusion était en germe depuis la création de Natixis, leur filiale commune, fin 2006. L'Elysée a pris le dossier en main en janvier, se servant du plan d'aide aux banques comme d'un moyen de pression.
Ne pas "traîner les pieds"
Le gouvernement a ainsi posé comme condition à son versement que la fusion soit effective dès ce jeudi. L'Etat va "vraisemblablement" entrer à hauteur de 20% dans le capital du futur groupe Caisse d'épargne/Banque populaire, dans un premier temps sous la forme d'actions de préférence, a indiqué mardi soir la présidence de la République. Le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a justifié la décision de l'Etat d'entrer au capital du futur groupe bancaire par "le contexte bancaire et financier international". "L'Etat considère qu'il faut plutôt accompagner ce mouvement que traîner les pieds", a estimé Luc Chatel en rendant compte devant la presse des travaux du Conseil des ministres.
Tout se fera en tous cas jeudi, comme prévu, selon des sources proches du dossier. Le président du directoire du groupe Caisse d'Epargne, Bernard Comolet, sera alors remplacé par François Pérol, qui prendra aussi la tête du groupe Banque Populaire avant de diriger l'ensemble né de la fusion des deux établissements.
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