4 décembre - Plan newtonien : Nicolas Sarkozy présente son (premier) plan de relance de l'économie française à Douai. © DR / AFP/ DENIS CHARLET | 20h le Net : les questions que vous poseriez à Nicolas Sarkozy |
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"On ne peut pas à la fois reprocher à Nicolas Sarkozy de passer son temps à faire des annonces et de ne pas faire de nouvelles annonces lors de son intervention télévisée", a prévenu hier le porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre. Comme pour parer à toute critique car il sait bien que ce soir, lors de la grande interview du chef de l'Etat à 20h15 sur TF1, France 2, M6 et RTL, des annonces il ne devrait pas y en avoir. Nicolas Sarkozy s'évertuera à remettre en perspective son action face à la crise pour rassurer les Français. L'exercice de pédagogie s'annonce néanmoins très délicat pour Nicolas Sarkozy, dont la popularité accuse une rechute et qui a déjà exclu à plusieurs reprises tout changement de cap, comme le réclament l'opposition et les syndicats. "Il y a des inquiétudes dans notre pays. J'aurai l'occasion d'y répondre, mais pas au prix de l'immobilisme, pas au prix du conservatisme, pas au prix du refus de l'évolution qui condamnerait notre pays à ne pas créer les emplois dont nous avons besoin", a-t-il encore dit mardi dans le Val-d'Oise.
Malgré le succès de la mobilisation nationale de jeudi dernier, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a averti mercredi qu'il ne fallait pas s'attendre à des annonces répondant aux revendications exprimées à cette occasion. "Le but, ce n'est pas une émission consacrée à des annonces. Il y a de grosses inquiétudes, qui se sont exprimées jeudi dernier mais pas uniquement. L'émission de demain n'est pas faite pour les un million et demi de Français qui ont manifesté mais aussi pour les 63 millions de Français qui n'ont pas manifesté", a-t-il dit après le conseil des ministres. "L'objectif c'est vraiment d'expliquer, de remettre en perspective, de rappeler le nombre très important de mesures qui ont été prises par le gouvernement" depuis l'automne dernier, a-t-il ajouté en citant le sauvetage des banques, le plan de relance, les aides à des secteurs comme le logement et l'automobile ou encore les dispositifs pour amortir l'impact des restructurations industrielles.
"Faites l'inverse de ce que vous avez fait depuis que vous êtes là"
Même si le gouvernement a choisi de privilégier l'aide à l'investissement de préférence à une relance par la demande qu'il juge inefficace et onéreuse, Luc Chatel a insisté aussi sur le souci de ne pas laisser tomber les plus fragiles. En témoignent des initiatives comme le RSA (revenu de solidarité active) et la revalorisation des minima sociaux. Et, comme il le fait quasiment à chacun de ses déplacements dans l'Hexagone, Nicolas Sarkozy soulignera ce soir que les aides publiques accordées à des secteurs sont conditionnelles. Les banquiers se sont ainsi engagés sur des volumes de crédit et ont renoncé à leur bonus tandis que les constructeurs automobiles, pour lesquels de nouvelles aides sont en préparation, devront abandonner tout projet de délocalisation.
Le chômage, hantise de Sarkozy
Mais Martine Aubry n'entend toutefois pas se satisfaire de ce catalogue de mesures déjà prises. "Monsieur le président, avez-vous entendu les Français, avez-vous vu vos collègues dans tous les pays voisins, avez-vous compris la force de la crise qui est devant nous ?", a-t-elle demandé mercredi lors d'une visite au Parlement européen. L'exercice de jeudi s'annonce d'autant plus délicat que le président de la République a, parallèlement à ses multiples interventions sur la crise, accumulé des initiatives sur des sujets qu'il juge tout aussi importants mais qui sont sources d'importantes controverses jusque dans son propre camp.
Le travail le dimanche, la réforme de l'audiovisuel public ou la suppression du juge d'instruction en sont les principales illustrations et expliquent sans doute, avec la politique sociale, la baisse de six points de sa cote de popularité, à 41%, dans un sondage Paris-Match/Ifop. Ils ont pu contribuer à brouiller le message chez les Français alors que le pic de la crise semble encore à venir. Christine Lagarde a enfin reconnu lundi qu'il ne fallait plus s'attendre à une croissance positive en 2009 sans toutefois s'aligner sur les prévisions de la Commission européenne, qui table sur un recul de 1,8% du PIB de la France cette année. Le défi principal, pour le chef de l'Etat, sera de limiter autant que possible la hausse du chômage, qui touchait fin 2008 215.000 personnes de plus qu'un an plus tôt après avoir connu en décembre un huitième mois consécutif de hausse.
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