Carte MayotteLe 29 mars prochain sera peut-être un jour historique pour Mayotte. Les habitants de cette collectivité d'outre-mer française, située dans l'archipel des Comores, au nord-ouest de Madagascar, seront appelés à se prononcer par référendum pour ou contre un changement de statut de leur île. En cas de oui, Mayotte deviendrait en 2011 le cinquième DOM et le 101ème département français.
Mercredi, plusieurs députés ont de nouveau insisté sur la nécessité "d'un état civil fiable" à Mayotte. "La départementalisation ne pourra réussir" qu'à trois conditions, a affirmé Didier Quentin (UMP), lors d'un débat organisé à l'Assemblée nationale : stabilisation de la démographie (aujourd'hui plus de 500 habitants au km2), infrastructures pour l'aquaculture et le tourisme, et "état civil fiable". Didier Quentin intervenait après une déclaration du ministre de l'Intérieur et de l'Outre-Mer Michèle Alliot-Marie sur cette consultation.
La départementalisation, "c'est l'alignement des droits"
L'ancien secrétaire d'Etat à l'Outre-mer Christian Paul, député PS de la Nièvre, a affirmé pour sa part que "la départementalisation, c'est d'abord l'aspiration à l'égalité des droits et à l'égalité sociale dans notre République, c'est l'alignement des droits". Il a invité la ministre à "trouver, avec toutes les forces politiques de Mayotte, le chemin d'un consensus sur l'évolution institutionnelle". Il lui a demandé également de s'"attacher à favoriser énergiquement le développement économique et social à Mayotte", à "la lutte contre la pauvreté et à l'émancipation des femmes mahoraises".
Didier Quentin a jugé "inadmissible que la commission de révision de l'état civil (CREC) soit à nouveau privée de présidence depuis le mois d'août 2008 et n'ait rendu l'an dernier que 746 décisions, alors que le 'stock' s'élève à plus de 16.000 dossiers". René Dosière (app. PS), est allé dans le même sens, dénonçant la "dégradation d'une situation" déjà "ubuesque" et suggérant la mise en place d'une "agence publique". Mme Alliot-Marie a reconnu que "beaucoup reste à faire" et indiqué qu'une opération interservices serait organisée courant 2009. Alors qu'un tiers de la population est en situation irrégulière, la ministre a indiqué qu'elle avait "donné des instructions très fermes" au préfet Denis Robin pour la lutte contre le travail illégal. "Personne ne sera protégé", a-t-elle averti, visant sans les nommer des fonctionnaires et des élus qui emploient à très bon marché des Anjouanais clandestins.
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