La manifestation en soutien au LKP à Paris, le 21 février 2009 © LCIComme Olivier Besancenot, plutôt que de se joindre à la manifestation de soutien organisée à Paris, Ségolène Royal a préféré se rendre sur place. L'ex-candidate du PS à la présidentielle de 2007 est arrivée samedi en Guadeloupe, où elle assistera dimanche aux obsèques du syndicaliste Jacques Bino, tué cette semaine lors des violences dans l'île, en marge de la grève générale. "Je suis venu en amie des peuples antillais et guyanais d'abord pour rendre hommage à un syndicaliste tué", a-t-elle déclaré à sa descente d'avion. "Je suis là aussi pour marquer la présence de toutes celles et ceux qui veulent que la justice soit là pour que la paix revienne. Les solutions existent", a ajouté celle qui a passé quelques années dans l'île voisine de la Martinique dans son enfance.
La présidente de la région Poitou-Charentes devrait rester sur place jusqu'à mardi soir. Le délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'Outre-Mer, Patrick Karam, lui a d'ores et déjà demandé, "si elle veut être utile, d'appeler au calme et à la reprise du dialogue". "Toute autre posture ne serait que basse manoeuvre politicienne et serait un mauvais coup contre la Guadeloupe et les Guadeloupéens", a estimé Patrick Karam, lui-même Guadeloupéen. La fédération UMP de Guadeloupe a de son côté dénoncé une "récupération politicienne" de la part de Ségolène Royal.
Brassard blanc
Pendant ce temps-là, à Paris et dans plusieurs villes de province, des manifestants de soutien aux Guadeloupéens étaient organisées samedi. A Paris, entre 10.000 personnes, selon la police, et 30.000, selon les organisateurs, ont manifesté en solidarité "avec les mouvements initiés en Guadeloupe contre la vie chère", à l'appel du collectif "Continuité LKP", soutenu par des syndicats et des partis de gauche. Parmi eux, le socialiste Harlem Désir, le Vert Denis Baupin, Jean-Luc Mélenchon du Parti de Gauche, Arlette Laguiller et Nathalie Arthaud pour Lutte Ouvrière et Alain Krivine du NPA ainsi que des cortèges de la CGT et de Sud. Pour Razzy Hammadi, secrétaire national du PS aux services publics, "ce n'est pas une manifestation de Noirs et d'Antillais, ce n'est pas un territoire particulier". "Notre vraie solidarité serait de faire comme eux pour faire reculer le gouvernement", a estimé Sandra Demarcq du NPA, parlant d'"oppression de classe et d'oppression coloniale" dans les Antilles.
Au bras de plusieurs manifestants, un brassard blanc en signe de deuil après la mort du syndicaliste Jacques Bino, tué par balle dans la nuit de mardi à mercredi. Une minute de silence a été observée dans le cortège parisien en hommage à cet homme, dont les obsèques auront lieu dimanche et devant la dépouille duquel des centaines de Guadeloupéens anonymes ont défilé samedi matin à Pointe-à-Pitre. D'autres manifestations de soutien ont été organisées samedi en province, notamment à Nantes, Strasbourg, Lyon, Lille, Marseille et Toulouse.
Un motard tué dans un accident de circulation |
Un motard est décédé dans la nuit de vendredi à samedi en Guadeloupe dans "un accident de la circulation dû à un barrage". Ce décès ne semblait être qu'indirectement lié à la crise qui secoue l'île antillaise depuis plus d'un mois. Des barrages sont installés ça et là sur les routes en Guadeloupe, parfois difficilement praticables. |
D'après agence
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