Nicolas Sarkozy, le 18 février 2009 lors de son allocuation télévision au sortir du sommet social © TF1-LCI
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Lors d'un exercice solennel qu'il n'affectionne guère, Nicolas Sarkozy a débuté mercredi soir son allocution, au sortir du sommet social à l'Elysée où il a été décidé 2,6 milliards de mesures sociales (lire notre article), par un traditionnel "mes chers compatriotes". Puis il a tout de suite affirmé sur un ton énergique : "nous sommes au milieu de la crise". "Au milieu des difficultés que nous traversons, je vous propose le seul chemin qui vaille, celui de l'effort, celui de la justice, celui du refus de la facilité, je vous propose de regarder vers l'avenir et non vers le passé", a-t-il poursuivi. "La France résiste plutôt mieux que beaucoup d'autres (face à la crise, ndlr), ce qui me conduit à penser que la France a tout pour en sortir plus vite, pour en sortir plus forte, à la condition de ne pas refaire les erreurs du passé", a-t-il affirmé, rejetant "une politique de facilité qui sacrifierait l'avenir au présent".
"Nous ne nous en sortirons pas", a dit le chef de l'Etat, "en augmentant massivement le Smic, qui concerne à peine un salarié sur dix, parce que dans les circonstances actuelles, ce serait aggraver les difficultés déjà grandes de beaucoup de nos petites entreprises, qui seraient conduites à licencier, et ce serait exclure du monde du travail un grand nombre de travailleurs peu qualifiés". Raymond Soubie, conseiller social du président, avait souligné dès dimanche à ce sujet la situation "extrêmement difficile" des PME.
"Nous sortirons de la crise en modernisant la France"
"Nous sortirons de la crise en modernisant la France, en misant tout sur l'investissement, sur la réforme, sur le travail, pas en embauchant davantage de fonctionnaires ou en rétablissant l'autorisation administrative de licenciement", a insisté le chef de l'Etat, confirmant le cap qu'il a fixé au gouvernement depuis le début de la crise.
Le président de la République a également déclaré mercredi soir qu'il entendait répondre à la "désespérance" qui s'exprime dans l'Outre-mer, après un mois de grève générale en Guadeloupe. "Aujourd'hui, c'était ma réponse aux conséquences sociales de la crise. Dès demain, je recevrai les élus d'Outre-mer pour répondre à l'angoisse, à l'inquiétude et à une certaine forme de désespérance de nos compatriotes des territoires d'Outre-Mer", a déclaré le chef de l'Etat. qui s'exprimera jeudi soir sur RFO.
Aubry : "la France toujours sans plan de relance"
Sans surprise, la droite s'est déclarée satisfaite de cette déclaration et des annonces, et la gauche critique. "Le mouvement populaire se félicite des décisions qui ont été prises, de pouvoir penser aux Français les plus fragiles, de pouvoir penser aux classes moyennes et encore une fois, que la justice soit au coeur des décisions", a ainsi déclaré Xavier Bertrand au siège de l'UMP. Pour sa part, le patron du groupe UMP Jean-François Copé, a salué "le caractère temporaire et ciblé" de la principale mesure fiscale annoncée. Dans un communiqué, il "salue le choix de supprimer à titre exceptionnel les 2e et 3e tiers de l'impôt sur le revenu pour les contribuables de la 1ère tranche plutôt qu'une suppression pérenne de la 1ère tranche".
A gauche, le ton est très différent. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a affirmé que les mesures annoncées étaient "dans l'accompagnement là (où) il faudrait un changement de cap", estimant que la France n'avait "toujours pas de plan de relance digne de ce nom". Ségolène Royal, elle, avait réagi plus tôt sur la situation en Guadeloupe. Elle avait affirmé que le "sang venait de couler en Guadeloupe", et déclaré que c'était "le résultat de l'inertie, du manque de considération de l'Etat pour l'Outre-mer", après le décès par balle d'un syndicaliste guadeloupéen. Pour Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, "les 2,6 milliards débloqués en faveur des ménages représentent à peine 10% de l'effort accordé aux entreprises; "'L'esprit de justice' présidentiel demeure pingre". Dominique Voynet, sénatrice Verts, estime quant à elle que "le président s'en tient au service minimum, et ne change pas de cap". Selon Olivier Besancenot (NPA), c'est "tous ensemble contre le mépris" et pour le PCF, les mesures "sont à mille lieues des enjeux de la situation économique et sociale actuelle".
Fillon : "Des mesures de justice" |
Le sommet social a débouché sur des "mesures de justice", a assuré le Premier ministre François Fillon dans un entretien à RTL jeudi. Ces initiatives soumises aux syndicats "visent, dans une crise profonde, à prendre des décisions justes pour que les Français n'aient pas le sentiment que ce sont ceux qui sont en bas de l'échelle qui paient pour ceux qui ont pris des décisions qui sont pour une part à l'origine de cette crise", a-t-il ajouté. François Fillon a nié que des annonces telles que les allègements d'impôt sur le revenu pour les contribuables assujettis à la première tranche, les bons d'achat ou l'augmentation ciblée des allocations familiales soient assimilables à la relance par la consommation que réclame la gauche. Le Premier ministre a invoqué la bonne tenue de la consommation au quatrième trimestre 2008 (+0,5%) pour justifier le choix du gouvernement de ne pas aller plus loin dans ce domaine. |
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