"Ne pas refaire les erreurs du passé"

le 18 février 2009 à 20h11 , mis à jour le 19 février 2009 à 09h47

Dans une allocution solennelle, le chef de l'Etat a affirmé mercredi soir que l'on sortirait de la crise en "modernisant la France". Il dit refuser de céder à la "politique de facilité".

Nicolas SarkozyNicolas Sarkozy, le 18 février 2009 lors de son allocuation télévision au sortir du sommet social © TF1-LCI

 
> L'allocution intégrale du chef de l'Etat

> 2,6 milliards d'euros de mesures sociales : le détail
> Crise et Guadeloupe : une période périlleuse pour l'exécutif

> Hamon critique une politique "pour le Medef"

Lors d'un exercice solennel qu'il n'affectionne guère,  Nicolas Sarkozy a débuté mercredi soir son allocution, au sortir du sommet social à l'Elysée où il a été décidé 2,6 milliards de mesures sociales (lire notre article), par un traditionnel "mes chers compatriotes".   Puis il a tout de suite affirmé sur un ton énergique : "nous sommes au milieu de la crise". "Au milieu des difficultés que nous traversons, je vous propose le seul chemin qui vaille, celui de l'effort, celui de la justice, celui du refus de la facilité, je vous propose de regarder vers l'avenir et non vers le passé", a-t-il poursuivi. "La France résiste plutôt mieux que beaucoup d'autres (face à la crise, ndlr), ce qui me conduit à penser que la France a tout pour en sortir plus vite, pour en sortir plus forte, à la condition de ne pas refaire les erreurs du passé", a-t-il affirmé, rejetant "une politique de facilité qui sacrifierait l'avenir au présent".

"Nous ne nous en sortirons pas", a dit le chef de l'Etat, "en augmentant massivement le Smic, qui concerne à peine un salarié sur dix, parce que dans les circonstances actuelles, ce serait aggraver les difficultés déjà grandes de beaucoup de nos petites entreprises, qui seraient conduites à licencier, et ce serait exclure du monde du travail un grand nombre de travailleurs peu qualifiés". Raymond Soubie, conseiller social du président, avait souligné dès dimanche à ce sujet la situation "extrêmement difficile" des PME.

"Nous sortirons de la crise en modernisant la France"

"Nous sortirons de la crise en modernisant la France, en misant tout sur l'investissement, sur la réforme, sur le travail, pas en embauchant davantage de fonctionnaires ou en rétablissant l'autorisation administrative de licenciement", a insisté le chef de l'Etat, confirmant le cap qu'il a fixé au gouvernement depuis le début de la crise.

Le président de la République a également déclaré mercredi soir qu'il entendait répondre à la "désespérance" qui s'exprime dans l'Outre-mer, après un mois de grève générale en Guadeloupe.  "Aujourd'hui, c'était ma réponse aux conséquences sociales de la crise. Dès demain, je recevrai les élus d'Outre-mer pour répondre à l'angoisse, à l'inquiétude et à une certaine forme de désespérance de nos compatriotes des territoires d'Outre-Mer", a déclaré le chef de l'Etat. qui s'exprimera jeudi soir sur RFO.

Aubry : "la France toujours sans plan de relance"

Sans surprise, la droite s'est déclarée satisfaite de cette déclaration et des annonces, et la gauche critique.  "Le mouvement populaire se félicite des décisions qui ont été prises, de pouvoir penser aux Français les plus fragiles, de pouvoir penser aux classes moyennes et encore une fois, que la justice soit au coeur des décisions", a ainsi déclaré Xavier Bertrand au siège de l'UMP. Pour sa part, le patron du groupe UMP Jean-François Copé, a salué "le caractère temporaire et ciblé" de la principale mesure fiscale annoncée. Dans un communiqué, il "salue le choix de supprimer à titre exceptionnel les 2e et 3e tiers de l'impôt sur le revenu pour les contribuables de la 1ère tranche plutôt qu'une suppression pérenne de la 1ère tranche".
 
A gauche, le ton est très différent. La première secrétaire du PS, Martine Aubry, a affirmé que les mesures annoncées étaient "dans l'accompagnement là (où) il faudrait un changement de cap", estimant que la France n'avait "toujours pas de plan de relance digne de ce nom". Ségolène Royal, elle, avait réagi plus tôt sur la situation en Guadeloupe. Elle avait affirmé que le "sang venait de couler en Guadeloupe", et déclaré que c'était "le résultat de l'inertie, du manque de considération de l'Etat pour l'Outre-mer", après le décès par balle d'un syndicaliste guadeloupéen. Pour Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS à l'Assemblée nationale, "les 2,6 milliards débloqués en faveur des ménages représentent à peine 10% de l'effort accordé aux entreprises; "'L'esprit de justice' présidentiel demeure pingre". Dominique Voynet, sénatrice Verts, estime quant à elle que "le président s'en tient au service minimum, et ne change pas de cap". Selon Olivier Besancenot (NPA), c'est "tous ensemble contre le mépris" et pour le PCF, les mesures "sont à mille lieues des enjeux de la situation économique et sociale actuelle".

Fillon : "Des mesures de justice"

Le sommet social a débouché sur des "mesures de justice", a assuré le Premier ministre François Fillon dans un  entretien à RTL jeudi. Ces initiatives soumises aux syndicats "visent, dans une crise profonde, à  prendre des décisions justes pour que les Français n'aient pas le sentiment que  ce sont ceux qui sont en bas de l'échelle qui paient pour ceux qui ont pris des  décisions qui sont pour une part à l'origine de cette crise", a-t-il ajouté. François Fillon a nié que des annonces telles que les allègements d'impôt sur le revenu pour les contribuables assujettis à la première tranche, les bons d'achat ou l'augmentation ciblée des allocations familiales soient  assimilables à la relance par la consommation que réclame la gauche. Le Premier ministre a invoqué la bonne tenue de la consommation au quatrième  trimestre 2008 (+0,5%) pour justifier le choix du gouvernement de ne pas aller plus loin dans ce domaine.

le 18 février 2009 à 20:11
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17 Commentaires

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  • L, le 18/02/2009 à 20h59

    ça veut dire quoi ? ne pas le réélire la prochaine fois, donc ? :)

  • Fanchon, le 18/02/2009 à 20h55

    Cher Alain, de Percy. Un peu de décence. Oui, 3800 euros par mois, ce n'est pas le Pérou... Mais pensez un peu à ceux qui n'ont que deux petits smics pour élever leur deux ou trois enfants... J'ai un peu l'impression que dans ce pays, on a complètement oublié le troisième volet de notre devise . "Fraternité" avez-vous dit ? A titre indicatif, je vous signale que je touche 743 euros de retraite et qu'avec cela, je fais ce que je peux ! Coiurage à tous. On y arrivera si on le veut vraiment.

  • Jay, le 18/02/2009 à 20h55

    Tout est dans le titre! ne pas refaire les erreurs du passé et reflechir en allant voter!

  • Le rochelais, le 18/02/2009 à 20h50

    Il a un mois pour s'occuper des Antilles et RDV le 19 mars chers médias avec vous.

  • Charles, le 18/02/2009 à 20h49

    Bravo Mister President. C'est très bien dit. La France avait vraiment besoin de quelqu'un comme vous. Si j'avais su j'aurai voté pour vous. Je vais très souvent à l'étranger pour mon job dans des pays d'Europe et aux US ou c'est bien pire qu'ici. Personne ne gémit comme les francais ! Il faudrait que l'on donne la becquée à tout le monde ! C'est de l'argent qui partirait dans les poches des entreprises chinoises ou allemandes sans rien régler sauf aggraver le déficit ! Ce n'est pas comme cela que l'on créera des emplois. Merci de me publier.

  • Noutre, le 18/02/2009 à 20h49

    Quel est le rapport entre l'article concerné et le commentaire de Loulou de Paris 16???? Que viennent donc faire les socialistes là-dedans???? Il ne faut pas s'énerver comme ça tout seul, c'est très mauvais en ces temps de crise!!!!!!!!!

  • Jojo, le 18/02/2009 à 20h48

    Dis-moi Loulou du 16ème arrondissement, tu gagnes combien par mois ? Que penses-tu d'uhne petite année au smic pour voir ? Cordialement.

  • Pateltuning, le 18/02/2009 à 20h47

    Monsieur le president propose des solution pour les chaumeurs pour les entreprises pour les banques. Mais pour les familles qui n'y arrive plus qu'est ce qu'il propose, le cout de la vie na pas diminuer et nos salaires malheuresement ni suffisent plus. Alors ils faut arreter de debloquer de l'argent pour les banques il faut en debloquer pour les familles.

  • Martine, le 18/02/2009 à 20h45

    Et moi alors je fais comment avec 1100 euros par mois et une fille de 23 ans qui n a droit a rien et qui se bat pour un contrat pro! Mr le president lui n a rien a craindre !...

  • Justin, le 18/02/2009 à 20h44

    Les départements d'outre-mer (DOM) sont La Guadeloupe ,La Martinique, La Guyane et La Réunionne rien a voir avec les territoires d'outre-mer (TOM) Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, les Terres australes et antarctiques françaises et Wallis-et-Futuna .Merci Mr Sarkosy....

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