Des statistiques ethniques pour traquer les discriminations

Par , le 06 mars 2009 à 16h58 , mis à jour le 06 mars 2009 à 22h06

Le commissaire à la diversité, Yazid Sabeg, va proposer à Nicolas Sarkozy un projet de loi visant à doter la France d'outils capables de mesurer l'ampleur des discriminations dans notre société.

Yazid Sabeg UMp diversitéYazid Sabeg © LCI

 

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Discimination : bientôt des statistiques ethniques en France ?

Les statistiques ethniques existent aux Etats-Unis et en Angleterre. Pas en France, où le sujet est hautement sensible. Mais les choses pourraient bientôt changer. Yazid Sabeg, le nouveau commissaire à la diversité et à l'égalité des chances, a confirmé dans un entretien au Monde paru jeudi, son intention de soumettre le 20 mars prochain au chef de l'Etat un projet de loi "visant à rendre licite la mesure de la diversité". Une mesure qui devrait rencontrer un avis positif. Nicolas Sarkozy, lors d'un discours prononcé en décembre dernier, avait en effet lui-même jugé nécessaire que la France se dote de tels outils statistiques qui, "sans traduire une lecture ethnique de notre société", "permettent de mesurer sa diversité, pour identifier précisément ses retards et mesurer ses progrès".
 
Sachant qu'une telle décision entraînera nécessairement une vive polémique dans la classe politique comme dans les milieux associatifs, Yazid Sabeg prend des précautions et propose la mise en place d'une commission de réflexion "très pluraliste" chargée de définir l'outil de mesure. Dans un entretien à l'AFP le 26 février dernier, il avait dit souhaiter en confier la présidence à François Héran, directeur général de l'Institut national des études démographiques (Ined). "Personne ne veut porter atteinte ni à la dignité des personnes, ni au droit, prévenait-il alors. Tous ceux qui en contestent la validité au nom des principes républicains, se fourvoient. L'approche globaliste par simple anti-racisme a montré son inefficacité".

Yazid Sabeg précise également dans Le Monde que les enquêtes seront fondés sur le volontariat et l'anonymat. Il ne s'agira pas de ranger les personnes dans des catégories raciales ou de créer des fichiers mais de "demander aux personnes comment elles se définissent, ce qu'elles ressentent".
 
"Mesurer l'ampleur des discriminations et l'efficacité des politiques publiques"
 
A quoi servirait concrètement un tel outil ? Yazid Sabeg, également grand patron d'entreprise, estime dans Le Monde que cela "permettra de mesurer l'ampleur des discriminations et l'efficacité des politiques publiques". Et de fournir des exemples : "Avec la mise en évidence des situations de ségrégation dans l'urbanisme et l'habitat, on pourra concevoir une loi sur la diversité dans ce secteur". Dans le monde de l'entreprise, les actions développées en faveur de la diversité pourront être "inscrite au bilan des actions ainsi que les résultats obtenus en termes de recrutement et de progression de carrière des femmes; des minorités visibles, des handicapés...". Yazid Sabeg est, en revanche, contre toute politique de quotas : "ce serait un aveu d'échec".
 
Parmi les autres mesures, Yazid Sabeg souhaite que "dans les classes préparatoires aux grandes écoles soit établi un pourcentage d'élèves issus des filières techniques et professionnelles" et que les concours soient moins discriminant en "pondérant différemment la culture générale et le français". Concernant les jeunes, il souhaite que "toutes les entreprises de plus de 1000 salariés aient l'obligation de recruter 5% de leurs effectifs" (contre 3% aujourd'hui) au sein des jeunes suivant une formation en alternance. Une mesure, affirme-t-il, qui "pourrait résoudre en trois à cinq ans le problème du chômage des jeunes".

Par Alexandra Guillet le 06 mars 2009 à 16:58
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1 Commentaires

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  • mecheri07, le 13/02/2012 à 16h59

    Que de temps perdu et de dégâts collatéraux, pour enfin redonner quelques couleurs à Marianne ! Mr Sabeg avait déjà eu l'idée géniale - en mars 2009 - d'entrevoir la possibilité de mesurer la diversité, pour précisément mettre en perspective le gouffre entre cette très large frange de la population française et leur représentation politique et administrative, il n'en reste pas moins que TROIS années plus tard, aucune avancée n'a été faite !!! Aussi, on peut légitimement se demander pour quelles raisons obscures, cet Homme de talents, qui se présente avant tout comme un industriel, ne se démet pas de ses actuelles fonctions de Haut commissaire à la diversité ? Ceci est d'autant plus incompréhensible que ces personnes issues de la diversité, dont il fait lui-même partie, n'ont à ce jour récolté que des miettes dans les nominations à des postes à responsabilité, Mr Karam ayant quant à lui réussi à mettre en avant de nombreux ultramarins, compétents et présentant une image rassurante. Enfin, ce qui est des plus déplorables c'est bien de constater que bien souvent ces personnes, issus de la diversité et malgré les très nombreux progrès réalisés pour se structurer et donc être en situation de se mobiliser devant les urnes n'arrivent toujours pas à faire entendre leur voix auprès des médias, si ce n'est que par des associations à connotation religieuse, qui ne représentent qu'elles-mêmes ! J'entends souvent dire que la droite considère que les voix de ces quelques 12 millions de personnes - y compris les secondes et troisième générations - seraient à acquises à la gauche à plus de 82 %. Et que la gauche considèrerait qu'il n'y aurait plus donc beaucoup d'efforts à faire pour retenir les meilleurs. Bien, sauf que ce raisonnement est totalement erroné, car il fait abstraction des 74 % d'abstention de cette population, désabusée de voire un parti de gauche pour le moins sclérosé, qui fait lui aussi barrage aux gens de talents, qui souhaitent s'investir à fond pour des idéaux et un mieux-vivre ensemble ! J'invite donc les représentations politiques ainsi que les médias, toutes tendances d'opinions confondues, à ne plus faire barrage à ces hommes et à ces femmes qui veulent donner un commencement d'exécution aux belles promesses et hautes idées républicaines, dont se gargarisent nos élites, pour ensuite les balayer d'un simple revers de la main. Enfin, une réelle mesure de cette population française, basée sur le nom patronymique et non plus sur le prénom aurait - à minima - l'avantage d'enfin mettre à jour le fait que ces gens représentent bien plus des 11 millions de personnes, telles que retenus par le Cevipop, émanation de sciences po ! Enfin et si l'on veut être plus précis, il conviendrait également de retenir dans ces chiffres, les gens qui ont changé de nom de famille ou choisi celui de leur mère, souvent "française d'origine" de telle manière a encore plus assuré leur intégration et leur assimilation. Quant à ses populations, qui souffrent et se plaignent incessamment de se sentir exclus et rejeter, je les invite très humblement à jouer la transparence et à donner vie à nos valeurs républicaines ( démocratie, égalité de traitement ), en rejoignant l'association " Redonner des couleurs à Marianne " ! Bien Cordialement. Mécheri

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