Michel Rocard lors des Journées parlementaires PS, le 17 septembre 2007 © Abacapress/T.CamusA peine a-t-il quitté le Parlement européen que Nicolas Sarkozy lui a trouvé une mission : ambassadeur de France chargé des négociations internationales relatives aux pôles Arctique et Antarctique. Vendredi, dans une vidéo diffusée sur le site du Télégramme de Brest, l'ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard a ainsi confirmé sa future nomination. A l'occasion de l'inauguration d'une école à Saint-Brieuc, Michel Rocard a confirmé qu'il sera nommé "mercredi prochain". "Ne riez pas de l'Arctique, c'est le concentré de tous les drames planétaires à la fois", a-t-il lancé devant des élus. "C'est une zone de non droit où n'importe qui peut faire n'importe-quoi", a-t-il ajouté.
"Je suis le seul homme politique français qui me soit occupé de cela. Mon risque, c'est que ma nomination laisse penser que j'ai de la proximité politique ou de gestion économique avec le président de la République française actuel, je préfère vous signaler que ce n'est pas le cas", a-t-il également déclaré. A 78 ans, l'ancien Premier ministre, qui a quitté fin janvier son poste de député au Parlement européen, est en effet un spécialiste de la protection de l'Arctique où il s'est encore rendu en février. Depuis plusieurs mois, il plaide pour l'ouverture d'une négociation internationale à ce sujet. A l'occasion de son départ du Parlement européen, il avait affirmé : "Je ne vais pas cesser de réfléchir, je vais continuer à lire et à m'inquiéter". Fin 2008, il avait expliqué qu'un traité serait nécessaire pour l'Arctique afin d'assurer la sécurité de la navigation et préserver l'équilibre thermique de la calotte glaciaire.
"Un cumul d'inquiétudes"
Dans un entretien à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur, publié cette semaine, Michel Rocard souligne qu'il y a "urgence" à se préoccuper de l'Arctique. "Depuis peu, l'Arctique est passé de la stabilité multimillénaire à un cumul d'inquiétudes", affirme-t-il alors que le passage du nord à travers l'océan Arctique, le long des côtes américaines, s'est ouvert à l'été 2007. Il cite notamment la libération "de deux routes navigables autour du pôle Nord du fait de la fonte des glaces", par lesquelles "toutes les marines du monde vont vouloir passer", avec des risques de marées noires et la nécessité de construire des ports, et "la menace de forages à tout va" avec un sous-sol très convoité qui "recèlerait un quart des réserves d'hydrocarbures mondiales".
Dans les années 1990, l'ancien Premier ministre socialiste s'était déjà mobilisé en faveur de l'Antarctique. Il avait ainsi co-parrainé l'adoption en 1991 du Protocole de Madrid consacrant l'Antarctique comme une "réserve naturelle consacrée à la paix et à la science". Entré en vigueur le 14 janvier 1998, ce protocole interdit toute activité minière pour 50 ans, cette interdiction - tacitement reconductible - ne pouvant être levée qu'à l'unanimité des parties. Avec cette nomination, il devrait rejoindre la liste des personnalités de gauche, appelées par le président Nicolas Sarkozy et son gouvernement de droite à se voir confier des missions de haut niveau. Récemment, l'ancien ministre Jack Lang s'est rendu à Cuba, pour relancer les relations avec l'île communiste.
(D'après agence)
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