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| Le couac |
Ce scrutin était un premier test interne pour la nouvelle première secrétaire Martine Aubry qui jusqu'ici avait réussi à apaiser le parti après le calamiteux Congrès de Reims en intégrant les partisans de Ségolène Royal à la direction. Les militants socialistes ont ratifié jeudi les listes de leur parti en vue des élections européennes. Toutes, sauf une, celle de la région Centre. Environ 40% des 200.905 militants inscrits se sont rendus aux urnes dans leurs sections, soit un taux de participation identique à 2004.
Le non l'a emporté dans la région Centre (Limousin, Centre et Auvergne) en raison du rejet massif (80%) des militants du Limousin, et malgré le oui dans les deux autres. La décision de nommer le fabiusien Henri Weber tête de liste, contre Jean-Paul Denanot, président du Limousin, avait suscité le mécontentement des militants déçus de n'avoir aucun représentant de leur région en position éligible. La direction avait fait valoir la règle du non-cumul des mandats pour écarter la candidature de M. Denanot.
La fronde s'était organisée autour du sénateur-maire de Lyon Gérard Collomb, qui avait lancé une pétition et préconisé le "rejet" des listes, soit en votant "contre" soit en "refusant de participer". Il a estimé vendredi qu'il y avait un "malaise" au PS révélé par ce vote. "J'espère que, loin de ses premières déclarations, la direction saura en tirer toutes les conséquences en améliorant les listes et fera tout dans les prochains jours pour réunifier le parti afin d'engager la campagne des européennes après la Convention du 21 mars, dans les meilleures conditions possibles", a ajouté le sénateur-maire de Lyon.
"Tenir compte de la volonté des militants du Limousin"
Pour résoudre "la difficulté", une situation inédite au PS, la direction va discuter avec les responsables des 13 fédérations de la circonscription Centre en vue d'une "proposition" à la Convention du parti le 21 mars, selon Harlem Désir, tête de liste en Ile-de-France et membre de la direction.
Henri Weber a déclaré à l'AFP qu'il resterait tête de liste mais qu'il fallait "tenir compte de la volonté des militants du Limousin de figurer en bonne place sur la liste" qui doit "être remaniée". Dans d'autres régions comme la Bourgogne, la Bretagne ou le Rhône-Alpes où des grands élus avaient rejeté les listes, une majorité des militants a voté oui.
Mettre fin aux "zizanies"
Dans le Sud-Est, la liste emmenée par Vincent Peillon, dont le "parachutage" avait été fustigé par Gérard Collomb, a obtenu quelque 75% des voix. Mais, a fait valoir ce dernier "dans le Rhône et dans l'Isère, le oui n'a représenté que 22% des inscrits", la majorité des militants ayant suivi la consigne de non participation, selon lui. Le PS "ne peut pas faire campagne" sans "rassembler totalement" le parti, a prévenu M. Collomb en proposant à Martine Aubry une "rencontre avec les responsables locaux" pour trouver un accord d'ici la Convention.
La balle est désormais dans le camp de Mme Aubry qui n'avait pas cédé d'un pouce devant la fronde, imputant les contestations aux déception de certains élus de voir leurs favoris écartés. Elle avait été épaulée par son ex-rivale Ségolène Royal qui a demandé mercredi que l'on mette fin aux "zizanies". La zizanie a tout de même fait des dégâts: Mireille Le Corre, secrétaire nationale PS à la Santé, opposée aux listes, a démissionné de la direction, dénonçant les "arrangements entre motions" qui, selon elle, ont présidé à l'établissement des listes.
L'eurodéputé socialiste Vincent Peillon a appelé vendredi à "arrêter les frais. Les bisbilles internes des socialistes sont profondément inconvenantes, à un moment nous avons d'autres choses à faire", a-t-il déclaré sur France 2.
(D'après agence)
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