Michèle Alliot-Marie le 25 avril 2008 © TF1/LCILa ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales tente d'apaiser les esprits. Dans Ouest-France dimanche, Michèle Alliot-Marie insiste sur le fait que la réforme territoriale ne se ferait qu'avec l'aval des habitants concernés. "Il n'est pas question et il ne sera pas question de fusionner des régions ou des départements de force, contre leur gré. Ça ne marcherait pas", assure-t-elle. "En revanche, dans certains cas, des populations et des élus qui estimeraient que leurs régions seraient plus fortes avec un territoire plus important, pourront regrouper leurs structures", indique-t-elle. Un pré-projet de loi-cadre sera proposé à la fin du mois de juin après concertation notamment avec les parlementaires et les associations d'élus. "Nous devrions avoir terminé l'encadrement législatif de la réforme dans les deux ans qui viennent", précise la ministre. Enfin, Michèle Alliot-Marie confirme qu'"il n'y aura pas de changement" pour les régionales de 2010. "Il ne faut pas perturber les échéances électorales", explique-t-elle.
De son côté, le député socialiste de l'Essonne Manuel Valls salue dans une tribune publiée par le Journal du Dimanche "l'ambition juste" de la commission Balladur sur les collectivités territoriales. Les conclusions de la commission "visent à renforcer la région et l'intercommunalité qui sont aujourd'hui les deux niveaux d'administration locale à l'échelle européenne. Je partage cette ambition. Elle est juste et légitime", écrit Manuel Valls. "Il faut que l'Etat accepte l'existence de grandes métropoles qui structurent l'aménagement du territoire national", juge l'élu francilien, qui dit "redouter, pour le coup, la tentation de l'enterrement" après que Nicolas Sarkozy a remis sine die une décision sur les propositions de la commission sur le "Grand Paris". "L'émergence d'agglomérations fortes, avec des représentants élus directement au suffrage universel, sera un moyen efficace de conduire un développement cohérent de ces territoires. C'est encore plus vrai en Ile-de-France," poursuit Manuel Valls. Il juge toutefois "insuffisante" la proposition de la commission "de reconstituer simplement le département de la Seine en fusionnant Paris et la petite couronne", ce qui laisserait notamment en marge son département de l'Essonne.
Le rapprochement entre départements semble plutôt recevoir un avis favorable en Ile-de-France. En revanche, dans l'Ouest, l'éventualité d'intégrer la Loire-Atlantique dans la région Bretagne ne recueille pas beaucoup de suffrages. Selon un sondage Ifop publié samedi par Ouest-France, le retour à la Bretagne historique est minoritaire chez les habitants de Loire-Atlantique (27%), qui sont en revanche 53% à être favorables au statu-quo actuel. Les Bretons semblent eux hésiter sur le choix à faire : ils sont 32% à souhaiter un rattachement de la Loire-Atlantique à leur région, 14% à préférer un rassemblement de Pays de la Loire et Bretagne en une seule région, 6% à vouloir un rassemblement Bretagne/Pays de la Loire/Basse-Normandie... et 48% à souhaiter un statu-quo. Dans l'ensemble des Pays de la Loire, une forte majorité des habitants (66%) préconise le statu-quo administratif. En Basse-Normandie, le regroupement en une seule entité des Haute et Basse Normandie ne recueille que 36% des suffrages, 58% des Bas-Normands préférant qu'on en reste à la situation actuelle.
D'après agence
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