Alain Juppé, le 03 mars 2009 © TF1/LCIL'ancien Premier ministre Alain Juppé a-t-il décidé d'entrer en résistance ? Toujours est-il que les signes s'accumulent d'une relative défiance du maire de Bordeaux à l'encontre de Nicolas Sarkozy.
A commencer par cette pique lancée mercredi lorsqu'il a déclaré qu'il ne croyait pas que "la rupture" existe. "Je n'aime pas beaucoup l'idée selon laquelle nous sommes en situation de rupture totale par rapport à tout ce qui a existé auparavant", a-t-il déclaré lors d'un colloque organisé à l'Assemblée nationale par le député UMP (villepiniste) Hervé Mariton, président du club Réforme et modernité. "Je ne crois pas que cela existe, la rupture", a lâché le maire de Bordeaux. Un désaveu notoire pour Nicolas Sarkozy qui s'était présenté, pendant la campagne présidentielle de 2007, comme le candidat de la rupture. Et d'enfoncer le clou en affichant que "finalement, Giscard avait trouvé la bonne formule: le changement dans le continuité."
"Pas du tout content"
Sans citer nommément le chef de l'Etat, Alain Juppé a par ailleurs gentiment ironisé sur son statut de président omniprésent. "Je ne dirais pas que trop de leadership tue le leadership, il faut le leadership, nous l'avons mais il faut avoir de la co-élaboration, de la co-décision et, si Jean-François Copé, était là, je dirais de la coproduction législative". Et, justement, il y a une décision présidentielle qui ne semble pas plaire à Alain Juppé, celle de la réintégration complète de la France au sein de l'Otan. L'ancien Premier ministre "s'interroge fortement sur l'utilité qu'il y a aujourd'hui de sauter le pas". Et d'ajouter, "le seul intérêt est un intérêt symbolique mais je me demande si le symbole dans l'autre sens, comment ne pas le conserver encore un tout petit peu".
Enfin, last but not least, Alain Juppé "n'est pas du tout content". Raison de sa colère ? la composition de la liste UMP pour les élections européennes dans le Sud-ouest. Déclarant mercredi qu'il savait, par son expérience d'ancien président du RPR et de l'UMP, l'extrême difficulté à composer une liste électorale, il a toutefois aussitôt ajouté: "je ne suis pas du tout content de ce qui prépare dans la grande circonscription du Sud-ouest. Je l'ai déjà dit à qui de droit et je le dirai quand il le faut". Nicolas Sarkozy est donc prévenu.
Et la fronde pourrait être plus étendue que cela. En effet, selon nos informations (voir notre rubrique Confidentiel), s'est tenu mardi à la maison des polytechniciens à Paris un diner fondateur regroupant, autour de Dominique de Villepin, une vingtaine de députés (ex RPR et ex DL essentiellement), tous peu enclins à supporter la politique du président de la République...
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