© INTERNECertaines rumeurs de presse le disent entrer au gouvernement dans les semaines qui viennent, notamment après les européennes au moment du large remaniement qui pourrait intervenir dans l'équipe Fillon. Mais d'autres propos rapportés ici ou là laissent à penser que Nicolas Sarkozy ne le souhaite pas. Quoi qu'il en soit, Alain Juppé garde sa liberté de parole, comme souvent. Invité mardi matin de France Inter, le maire UMP de Bordeaux a marqué sa différence avec les choix réaffirmés dernièrement par Nicolas Sarkozy. Ce fut le cas sur le bouclier fiscal qui est pourtant l'un des "marqueurs" de la politique actuelle du gouvernement. Alain Juppé s'est dit pour que "le débat soit ouvert" sur ce sujet, tout comme certains députés de la majorité comme Pierre Méhaignerie.
Sur le décret Fillon sur les rémunérations, le maire de Bordeaux a jugé qu'il faudrait "sans doute aller plus loin". "Ce décret est une bonne chose, il permet d'avancer et rapidement mais je pense qu'il n'épuise pas le sujet et qu'il faut sans doute aller plus loin", a-t-il déclaré. Selon lui, il faudrait "trouver un dispositif qui soit plus global qui ne concerne pas que les entreprises aidées par l'Etat et qui soit plus pérenne, puisque le décret ne s'applique que jusqu'à 2010". "Le Medef parle de sa charte de déontologie, qui a le mérite d'exister, encore faut-il qu'elle soit réellement appliquée et que sa non application soit sanctionnée", a-t-il dit. "C'est là-dessus qu'il faut réfléchir". "Certains mouvements patronaux comme Ethic, les entreprises à taille humaine, suggèrent une régulation par une sorte de haute autorité, c'est une piste éventuellement à explorer", a considéré Alain Juppé, jugeant que "l'arme fiscale est aussi un élément qui est à prendre en considération".
Autre sujet sur lequel Alain Juppé a fait entendre sa petite musique, le débat sur le retour de la France dans l'OTAN. L'ancien ministre des Affaires étrangères aurait préféré que le gouvernement organise un vote des parlementaires sur le sujet et non que le Premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement. Une différence non par sur le fond mais sur la méthode. Interrogé pour savoir si cette liberté de ton ne risquait pas de lui coûter un retour au gouvernement, Alain Juppé a glissé de façon sybilline que cela prouvait bien que ce n'était pas pour lui une obsession.
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