Juppé se démarque de Sarkozy

le 31 mars 2009 à 12h07 , mis à jour le 31 mars 2009 à 12h13

Le maire de Bordeaux est notamment favorable à un "débat ouvert" dans la majorité sur le bouclier fiscal.

juppe discours ump © INTERNE

Certaines rumeurs de presse le disent entrer au gouvernement dans les semaines qui viennent, notamment après les européennes au moment du large remaniement qui pourrait intervenir dans l'équipe Fillon. Mais d'autres propos rapportés ici ou là laissent à penser que Nicolas Sarkozy ne le souhaite pas. Quoi qu'il en soit, Alain Juppé garde sa liberté de parole, comme souvent. Invité mardi matin de France Inter, le maire UMP de Bordeaux a marqué sa différence avec les choix réaffirmés dernièrement par Nicolas Sarkozy. Ce fut le cas sur le bouclier fiscal qui est pourtant l'un des "marqueurs" de la politique actuelle du gouvernement. Alain Juppé s'est dit pour que "le débat soit ouvert" sur ce sujet, tout comme certains députés de la majorité comme Pierre Méhaignerie.
 
Sur le décret Fillon sur les rémunérations, le maire de Bordeaux a jugé qu'il faudrait "sans doute aller plus loin". "Ce décret est une bonne chose, il permet d'avancer et rapidement mais je pense qu'il n'épuise pas le sujet et qu'il faut sans doute aller plus loin", a-t-il déclaré. Selon lui, il faudrait "trouver un dispositif qui soit plus global qui ne concerne pas que les entreprises aidées par l'Etat et qui soit plus pérenne, puisque le décret ne s'applique que jusqu'à 2010". "Le Medef parle de sa charte de déontologie, qui a le mérite d'exister, encore faut-il qu'elle soit réellement appliquée et que sa non application soit sanctionnée", a-t-il dit. "C'est là-dessus qu'il faut réfléchir". "Certains mouvements patronaux comme Ethic, les entreprises à taille humaine, suggèrent une régulation par une sorte de haute autorité, c'est une piste éventuellement à explorer", a considéré Alain Juppé, jugeant que "l'arme fiscale est aussi un élément qui est à prendre en considération".
 
Autre sujet sur lequel Alain Juppé a fait entendre sa petite musique, le débat sur le retour de la France dans l'OTAN. L'ancien ministre des Affaires étrangères aurait préféré que le gouvernement organise un vote des parlementaires sur le sujet et non que le Premier ministre engage la responsabilité de son gouvernement. Une différence non par sur le fond mais sur la méthode.  Interrogé pour savoir si cette liberté de ton ne risquait pas de lui coûter un retour au gouvernement, Alain Juppé a glissé de façon sybilline que cela prouvait bien que ce n'était pas pour lui une obsession. 
 
 

le 31 mars 2009 à 12:07
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7 Commentaires

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  • Andre, le 31/03/2009 à 13h39

    Réduire les rémunérations arrières des patrons qui ont échoué, c'est normal... quand va-t-on entendre parles de réduire les rémunérations arrières des politiques et des hauts-fonctionnaires qui sont dans le même cas???? probablement jamais............ ceci est ma 3ème intervention sur lci, peut-être serais-je publié pour la première fois.....

  • THIERRY, le 31/03/2009 à 13h20

    En tps qu ancien inspecteur des finances, il ne fallait pas compter sur lui pour avoir l esprit ouvert... meme sil a bien su manoeuvrer pour son propre compte!

  • Jean-Luc, le 31/03/2009 à 13h18

    Allez JuJu ... Le problème avec les politiques, c'est qu'on ne sait jamais s'ils sont sincères ou pétris d'arrières pensées. Qu'en est il par rapport à son livre, à ses déclarations, à son positionnement ? Mais bon, c'est un homme d'état, il l'a prouvé en tant que ministre des affaires étrangères alors ...Allez JuJu ...

  • DIDIER, le 31/03/2009 à 13h04

    Alain Juppé a certainement raison : le bouclier fiscal est à supprimer d'autant que l'on voit les excès de certains grands patrons (en activité ou en retraite voir BOUTON et le montant de la retraite attendue). La guerre contre les paradis fiscaux va d'ailleurs dans ce sens et les grands pays doivent s'unir dans ce sens. Pour les rémunérations le gouvernement est allé au minima : c'était pourtant le moment d'aller vers plus d'équité. Mr SARKOZY devrait comprendre tout cela et ne pas rester sur une idée décriée par la majorité de ceux qui l'ont nommé mais également par beaucoup de membres de l'UMP qui ont ou n'ont pas le courage de le dire. Qu'ils se battent par contre sur le fait qu'OBAMA demande plus aux Européens alors que l'Amérique est largement responsable de la situation mondiale actuelle. Elle a bati une grande partie de sa puissance sur du vent que maintenant elle supporte plus que les autres ses conséquences.

  • Querci, le 31/03/2009 à 13h03

    Cela fait plaisir de voir monsieur juppe exprimer librement ce qu'il pense.et en plus il a raison.

  • Remi, le 31/03/2009 à 12h39

    Les Francais ont la memoire courte, cet homme est dangereux et l'a deja prouve par le passe. En tout cas il n'est pas de droite non plus.

  • Chris, le 31/03/2009 à 12h38

    Il tourne autour du pot Monsieur Juppe... cela sent la manoeuvre strategique a long terme pour se presenter a la Presidence. Et si Nicolas Sakorzy ne se representait pas? Se demarquer, pas s'affronter, faire parler de soi, nuancer....etre "different" mais fondu dans la majorite.

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