
Premier symbole fort, la suppression du classement de sortie, qui permettait jusqu'alors aux quinze premiers d'une promotion de choisir leur affectation dans "la botte", c'est-à-dire les trois grands corps de l'Etat: Cour des comptes, Inspection générale des Finances et Conseil d'Etat.Les autres élèves moins bien classés se contentaient de postes dans un ministère, un tribunal administratif ou une préfecture. Nicolas Sarkozy avait exprimé dès janvier 2008 son souhait de supprimer les classements de sortie, qui selon lui "rigidifient l'entrée dans la carrière".
Le classement de sortie de l'ENA supprimé
Le ministre de la Fonction publique François Sauvadet a annoncé jeudi que la suppression du classement de sortie de l'Ecole nationale d'administration, pour que ce concours, passé à 25 ans, n'oriente pas toute la vie professionnelle.
Publié le 06/10/2011
Désormais, à partir du concours d'entrée 2009, les administrations seront libres de choisir les profils qui correspondent à leurs besoins, et pourraient pour cela se baser sur un dossier d'aptitude.Si certains élèves ou anciens élèves sont favorables à la suppression du classement, source, selon eux, de trop grandes frustrations, d'autres au contraire jugent qu'il constitue un symbole de méritocratie et le garant d'une certaine égalité des élèves dans leur affectation, avec la certitude que les relations et soutiens familiaux ne sont pas pris en compte.
35% du concours externe ouvert aux éleves de la "diversité"
Autre nouveauté, M. Woerth doit annoncer la création, dès octobre 2009, au sein de l'ENA d'une classe préparatoire réservée aux jeunes de milieux sociaux défavorisés, en vue des concours organisés en 2010. Cette classe accueillerait 15 élèves à Paris, soit plus de 35% des postes ouverts au concours externe.
Le ministre avait expliqué fin février que la Fonction publique avait "besoin de profils diversifiés pour être performante" alors que les "entrants sont surdiplômés" et les enfants d'immigrés sous-représentés.Cette décision fait suite à la remise d'un rapport sur les écoles de formation pour les fonctionnaires, accusant en particulier les écoles "emblématiques" de l'ascenseur social (ENA, Polytechnique et Ecoles normales) d'être trop homogènes et de "privilégier certaines catégories sociales et d'une manière générale (...) les enfants de fonctionnaires".
La réforme doit également permettre de "repenser la formation à l'école pour qu'elle soit moins académique et plus professionnelle", selon le ministère. Il s'agit notamment de recentrer davantage la scolarité sur les stages et la formation en alternance, et de réduire sa durée "pour que les élèves rentrent plus vite sur le marché du travail", avait dit le ministre en septembre, évoquant une fourchette de 22 à 25 mois, contre 27 actuellement.
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