Le "détail" de Le Pen qui offusque le Parlement européen

le 25 mars 2009 à 14h13 , mis à jour le 25 mars 2009 à 22h40

Le chef de l'extrême droite a réaffirmé mercredi que c'était une "évidence" que les chambres à gaz étaient un "détail" de l'histoire de la Seconde guerre mondiale.

Jean-Marie Le Pen au Parlement européen (25 mars 2009)Jean-Marie Le Pen au Parlement européen (25 mars 2009) © TF1/LCI

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Jean-Marie Le Pen persiste et signe. Mercredi, au Parlement européen, le chef de l'extrême droite française a réaffirmé que c'était une "évidence" que les chambres à gaz étaient un "détail" de l'histoire de la Seconde guerre mondiale, propos pour lesquels il a déjà été condamné en France.

Déjà au centre d'une polémique au Parlement européen sur la possibilité qu'il en préside la prochaine session inaugurale en tant que doyen, Jean-Marie Le Pen a estimé qu'il avait été victime "d'accusations diffamatoires" de la part du président du groupe socialiste Martin Schulz, quand ce dernier l'avait notamment qualifié mardi de "vieux fasciste" et de "négationniste de l'Holocauste". "Je me suis borné à dire que les chambres à gaz étaient un détail de l'Histoire de la guerre mondiale, ce qui est une évidence", a-t-il déclaré sous les huées d'une écrasante majorité de l'hémicycle.

"Les propos négationnistes de M. Le Pen le disqualifient"

Ce n'est pas la première fois que le chef de file historique de l'extrême-droite française réitère de tels propos. Jean-Marie Le Pen les avait tenus pour la première fois sur une station de radio française en septembre 1987, ce qui lui avait valu une condamnation à 1,2 million de francs d'amende. En 2005, il les avait répétés, puis de nouveau en 2008 dans le magazine Bretons. La Ligue française contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA) envisage d'ores et déjà de demander de nouvelles poursuites contre le leader d'extrême droite. Appelant le Parlement à décider la levée de l'immunité parlementaire de Jean-Marie Le Pen, le président de la Licra, Patrick Gaubert, réclame aussi que la présidence inflige "sans délais" des sanctions au leader du FN. L'eurodéputé PS Harlem Désir a demandé la "tolérance zéro" et l'eurodéputé et porte-parole du PS, Benoît  Hamon, a affirmé que son parti serait "très actif" au Parlement européen pour exiger des "sanctions rapides".

Autre conséquence de cette sortie du leader frontiste, la polémique sur sa possibilité de présider la prochaine session inaugurale du Parlement européen a encore grandi, et il risque tout simplement de se retrouvé empêché de le faire. "Les propos négationnistes de M. Le Pen, réitérés dans l'enceinte du Parlement européen, le disqualifient pour présider, ne serait-ce que pour une seconde, notre institution à l'ouverture des travaux de la prochaine législature", a estimé le chef du groupe conservateur, le plus important au Parlement, le Français Joseph Daul. Il a donc annoncé son ralliement à une proposition des socialistes et des écologistes de "prendre toutes les mesures qui s'imposent" pour empêcher que Jean-Marie Le Pen puisse présider la session inaugurale au lendemain des élections européennes du 7 juin. Il faudra pour cela une modification du règlement intérieur du Parlement qui prévoit que la session inaugurale est présidée par le doyen d'âge de l'assemblée, une condition que Jean-Marie Le Pen, 80 ans, a de grandes chances de remplir dans la nouvelle assemblée en juillet.

(D'après agence)

le 25 mars 2009 à 14:13
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