Le scandale Total

Par L.D. (Avec agence), le 11 mars 2009 à 09h34 , mis à jour le 11 mars 2009 à 16h14

La décision de Total de supprimer 555 postes alors que le groupe affiche un bénéfice colossal en 2008 suscite la colère à gauche comme à droite.

TotalLe siège de Total © TF1/LCI
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L'indignation est générale après l'annonce d'un plan de suppressions de 555 postes en France par le pétrolier Total. Ce alors même que ce dernier affiche un bénéfice de 14 milliards d'euros en 2008. Une situation jugée donc "scandaleuse" par les syndicats, le gouvernement et une partie de la classe politique au regard des bénéfices record de l'entreprise. 
 
Mercredi matin, sur LCI, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a évidemment condamné le projet de Total, mais s'en est également pris à l'Etat renvoyant dos à dos entreprises et gouvernement accusés de ne pas se mobiliser pour la sauvegarde de l'emploi. De son côté, Ségolène Royal (PS) s'est insurgée contre les suppressions d'emploi chez Total estimant que face à cette situation, l'Etat devait "prélever les bénéfices" du groupe pétrolier "et les réinjecter massivement dans les énergies alternatives". "Ce qui se passe chez Total, c'est une atteinte à la dignité et donc aux libertés au sens large", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes sur France Inter. Encore mercredi, en marge du conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel a pour sa part tenu à rappeler les exigences affichées par l'Etat : "l'important, c'est zéro licenciement, et une politique basée sur le donnant-donnant", répondant que Laurent Wauquiez (lire plus bas) était dans son rôle de secrétaire d'Etat à l'Emploi quand il pousse un coup de gueule contre Total. Celui-ci a d'ailleurs demandé mercredi "un geste" à Total "pour l'apprentissage et l'emploi des jeunes".

En travers de la gorge

Le secrétaire général du groupe Jean-Jacques Guilbaud a tenté mercredi de faire face au déluge de protestations.  Il y a eu "sans doute" une mauvaise communication. "Des hommes politiques ont commenté des informations incomplètes et n'étaient pas totalement informés", a estimé M. Guilbaud. Répondant aux critiques de la CGT qui accuse Total de vouloir se désengager progressivement de son activité de raffinage en France, M. Guilbaud a répondu qu'"un industriel qui investit plus d'un milliard d'euros dans des activités en France, le raffinage et la pétrochimie, n'a pas l'intention de quitter ses activités. Nous croyons au raffinage en France".
 
Mardi, c'est le secrétaire d'Etat à l'Emploi, Laurent Wauquiez, qui a ouvert le concert de protestations, jugeant scandaleux le projet de Total. Il a ainsi expliqué que la suppression de plusieurs centaines de postes lui restait "en travers de la gorge. Je trouve ça scandaleux. En cette période de crise, beaucoup d'entreprises sont dans des situations dures, ne font plus de bénéfices, ont des chiffres d'affaires dégradés et font pour autant tous les efforts possibles pour garder leurs salariés, notamment dans les PME", a précisé Laurent Wauquiez.  "Qu'un groupe comme Total, qui fait plusieurs milliards de bénéfices, ne soit pas capable dans cette période d'avoir un comportement exemplaire en termes d'emploi me reste en travers de la gorge", a-t-il ajouté. Mercredi, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, a demandé "un geste" à Total "pour l'apprentissage et l'emploi des jeunes", après l'annonce par le groupe pétrolier de la suppression de 555 postes en France.

"Total assassine l'emploi"
 
Du côté de l'opposition, les réactions étaient du même acabit avec une légère nuance. Dans un communiqué publié à l'issue de son bureau national, le Parti socialiste a dénoncé "la logique financière" du groupe Total. La première secrétaire du PS Martine Aubry s'est dit mercredi "choquée". "La responsabilité sociale d'une entreprises ça existe, surtout d'une grande entreprise qui a beaucoup été aidée par l'Etat et donc par l'argent des contribuables", a-t-elle affirmé. "La direction a l'air d'expliquer qu'elle a fait une erreur de communication. Non, c'est une erreur de fond, une absence de responsabilité sociale", a-t-elle martelé. "Aujourd'hui, il faut que Total rembourse l'aide publique qu'elle a touchée" et qu'elle "mette en place des dispositions pour créer autant d'emplois dans les bassins d'emplois, qu'elle va détruire". Elle doit aussi "accompagner les salariés qui, nous dit-on, sont volontaires et pourraient partir en pré-retraite", a affirmé la patronne du PS.

Pour le NPA d'Olivier Besancenot, "Total assassine l'emploi. L'absence de licenciement sec ne change rien à l'affaire : Total, comme Arcelor-Mittal, détruit des emplois. C'est inadmissible et révoltant !", écrit-il dans un communiqué. "L'attitude de Total est scandaleuse. Cette entreprise s'illustre comme l'une des pires prédatrices, tant au niveau de l'environnement, que des droits sociaux, et même du pouvoir d'achat", a renchéri Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.

Par L.D. (Avec agence) le 11 mars 2009 à 09:34
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22 Commentaires

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  • ZORBA, le 19/05/2009 à 08h16

    Mon épouse a fait toute sa carrière chez TOTAL; je souhaite à tous de travailler dans une entreprise offrant les memes avantages et conditions de travail. Je préfère que ce soit une entreprise française qui soit dans le classement de tete des entreprises mondiales plutot que d'ètre une société en difficultésfaisant appel à l'aide de l'état . J'aimerais savoir dans quelles conditions ont été remerciés les 555 licenciés ( parait-il ? ) Connaissant l'entreprise, je suis certain qu'ils ne doivent pas s'en plaindre . Quelqu'un peut il me démentir ? Faites comme moi, allez chez TOTAL faire le plein ? C'est une ENTREPRISE FRANCAISE ! Merci à ceux qui ont lu ce message.

  • Fabr, le 16/04/2009 à 17h11

    Moi ca fait bcp de temps deja que je boycotte total !!

  • Albert, le 12/03/2009 à 07h54

    Froggies you have your King !

  • FRED, le 12/03/2009 à 00h36

    Pour MyPsyche, ton raisonnement, va l'expliquer aux retraités qui gagnent 600? par mois...............tu devrais faire de la politique mon gars!!!!!!!!!!

  • VIX, le 12/03/2009 à 00h08

    Gouverner c'est prévoir. Total a fait des profits faramineux en 2008 grâce à l'explosion des cours du pétrole. Mais depuis les cours se sont effondrés de 144 dollars le baril à 44 dollars. L'année 2009 n'aura rien à voir avec 2008 pour les pétroliers. D'où les mesures de " gestion "des effectifs prises par Total pour préserver sa rentabilité future. C'est difficile à admettre vu de l'extérieur mais c'est de la bonne "gouvernance" d'entreprise.

  • Papou, le 11/03/2009 à 23h21

    Total fait comme le gouvernement Sarkosy, il ne licencie pas.....ce sont des départs à la retraite non remplacés et des départs en pré-retraite négociés......Alors messieurs les politiques ne ditent pas n'importe quoi, vous faites le même chose et d'ailleurs vous avez montré l'exemple me semble t'il!!!!!!!!!!! avec les fonctionnaires.

  • François, le 11/03/2009 à 23h02

    ARRETONS LA DEMAGOGIE et la DESINFORMATION. Total ne fera aucun licenciement. Comment reprocher à Total d'ajuster son entreprise aux réalités du marché. Moins de demande de pétrole, moins de raffinage donc moins d'emploi dans le raffinage. Réjouissons nous d'une gestion saine et a priori responsable socialement puisqu'aucun licenciement n'est envisagé!!! Monsieur les syndicalistes et les politiques, vous devriez arrêter d'infantiliser les français ou tout simplement reprendre pied dans le monde réel, celui des entreprises et sortir de votre bulle! ASSEZ de ses ronds de cuire, nantis de la fonction publique reconvertis au syndicalisme ou à la politique qui enfonce encore un peu plus notre pays dans la dépression!

  • Gerard, le 11/03/2009 à 22h46

    Il n est pas necessaire de faire de la politique pour trouver cela honteux.

  • Réaliste, le 11/03/2009 à 20h48

    Scandaleux ces réactions négatives vis à vis d'un fleuron de l'industrie française qui fait notre fierté. Scandaleux , les réactions des gauchistes, des politiques et syndicats vis à vis des décisions de Total. Scandaleux le relais de la presse , vous qui relayer de la fausse information au lieu d'expliquer ce que vous concurent radio RTL (Vis à vis de LCI radio) on su rapporter ce matin: Pas de licencienment mais 1 milliard d'euros d'investissment en france et des centaines de créations d'emplois chez Total et sous-traitants. Ca, c'est du vrai et cela rassure. Arrêter de colporter la morostié et de vouloir faire la une avec des sujets qui choquent.

  • Thierry, le 11/03/2009 à 20h19

    Le gouvernement donne des lecons ! je rigole; Total ne va pas remplacer 555 postes ! et dans la fonction publique, c'est combien qui ne seront pas remplacés ??

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