L'Assemblée nationale. Image d'archive. © TF1-LCIS'il était mis en minorité lors du vote le 17 mars, le gouvernement chuterait. Une hypothèse très improbable au regard de la large majorité dont dispose l'UMP à l'Assemblée nationale. François Fillon a décidé jeudi d'engager la responsabilité de son gouvernement sur la politique étrangère, en l'occurrence sur l'épineux sujet de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l'Otan. Une décision chère au chef de l'Etat.
Conformément à ce qu'exige l'article 49.1 de la Constitution, le Premier ministre Fillon devra demander lors du prochain Conseil des ministres, le 11 mars, l'autorisation d'engager la responsabilité du gouvernement. Le 17 mars, il présentera sa politique, à la suite de quoi les députés débattront puis voteront. "Notre pleine participation à la structure militaire de l'Otan n'est pas une fin en soi mais un moyen parmi d'autres de faire prévaloir les intérêts et les objectifs de notre pays sur la scène internationale", souligne le chef du gouvernement dans sa lettre adressée jeudi aux présidents des groupes socialistes à l'Assemblée et au Sénat. Ces derniers, Jean-Marc Ayrault et Jean-Pierre Bel, réclamaient un débat avec vote au Parlement sur ce "retournement stratégique" qu'est selon eux le retour complet de la France dans les instances militaires de l'Alliance atlantique.
C'est la 2e fois que le Premier ministre engagera la responsabilité de son gouvernement après le vote du 3 juillet 2007 sur sa déclaration de politique générale. Le retour de la France dans la structure militaire alliée, dont elle est absente depuis 1966 sur décision du général de Gaulle, devrait être officialisé lors des cérémonies du 60e anniversaire de l'Otan les 3 et 4 avril à Strasbourg et Kehl. Le président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean-François Copé, avait déclaré le 17 février que le Premier ministre jugeait cohérent, "si on devait aller dans une logique de vote", d'engager la responsabilité du gouvernement. Au sein de la majorité, des députés "souverainistes" comme Jacques Myard ou "villepinistes" comme Jean-Pierre Grand, estiment que la réintégration va "porter atteinte à l'indépendance" de la France.
Retour MYTF1
Chargement en cours...





