© TF1C'est la première fois que les socialistes de l'UE, sous l'égide du Parti socialiste européen, mènent campagne commune dans les 27 pays et ont choisi la France pour son lancement. Un grand meeting réunira à 19H00 (en direct sur LCI.fr) à la Halle au grains de Toulouse les leaders des partis socialistes et sociaux-démocrates ainsi que les têtes de listes dans les 27 pays, dont les huit circonscriptions françaises. La campagne est soutenue par "un programme commun" - le manifesto - signé par les 27 partis, qui "vise à réorienter à gauche la construction européenne", souligne Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national à l'international.
Au meeting, prendront la parole Mme Aubry, le président de l'Internationale socialiste le Grec Georges Papandréou, le chef de file des députés socialistes au Parlement européen l'Allemand Martin Schulz, ainsi que des têtes de liste dans les 27 pays, dont le Français Kader Arif (Sud-ouest). Le meeting sera clôturé par M. Rasmussen. Auparavant, les leaders socialistes se réunissent avec Mme Aubry, après une rencontre avec l'intersyndicale du groupe européen EADS. Pour les socialistes, qui axent leur campagne sur l'Europe sociale, la crise valide leur thèse contre l'Europe ultra-libérale représentée, selon eux, par le président de la Commission le Portugais José Manuel Barroso et le Parti populaire européen (PPE, droite, majoritaire dans le Parlement sortant).
Le PS pour le double changement
Mais la campagne du PSE contre un deuxième mandat de Barroso est compliquée par l'appui que lui apportent des chefs de gouvernement de gauche comme le Britannique Gordon Bown ou le Portugais José Socrates. "Soutien patriote", s'excuse ce dernier. "La thématique des socialistes sera le double changement", souligne Jean-Christophe Cambadélis: "changement de majorité en Europe, car les socialistes veulent être le premier groupe au Parlement, imposer une majorité de gauche et appliquer leur programme commun". Deuxième thématique, selon lui: "le changement en France, car une victoire du PSE à Strasbourg et une défaite du PPE - dont fait partie l'UMP- sera un signal clair envoyé à Nicolas Sarkozy qui devra changer de politique".
Le PS qui se vante d'avoir dépassé sa guerre interne sur la construction européenne - qui l'avait déchiré lors du référendum sur le traité constitutionnel en 2005 puis le traité de Lisbonne en 2008 - s'estime désormais plus en harmonie avec ses partis frères, dont certains, la crise aidant, ont gauchi leur projet. "La crise économique a +impacté+ les social-démocraties qui retrouvent les vertus des services publics et de la puissance publique. Le PS est plus en phase avec le manifesto qu'avec les projets" de scrutins précédents, affirme M. Cambadélis. Pour l'heure, des sondages donnent le PPE gagnant face au PSE. Mais le grand défi qui attend tous les partis le 7 juin est l'abstention massive qui se profile, selon des enquêtes d'opinion, pouvant dépasser les 54,5% de 2004. Le scrutin est aussi un test pour Martine Aubry, à la tête du PS depuis quatre mois. Selon un dernier sondage CSA, le PS arrive derrière l'UMP (25%
contre 27%) sur fond d'abstention à 49%.
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