Jack Lang © TF1/LCIAprès le fiasco du 9 avril, et son rejet faute d'un nombre suffisant de députés de la majorité dans l'hémicycle lors du vote, le projet de loi de lutte contre le piratage sur internet sera de nouveau en discussion à la fin du mois. La Conférence des présidents de l'Assemblée nationale l'a officiellement inscrit à l'ordre du jour de la séance du 29 avril prochain. Et lors de ces nouvelles discussions, Jack Lang, qui n'a pas pris part aux votes précédents, a déjà fait savoir, au risque d'irriter ses collègues socialistes, qu'il votera en faveur du texte.
La position de l'ancien ministre de la Culture en faveur de ce projet de loi ne date pas d'hier, et il n'en avait pas fait mystère. "Je forme le voeu (...) que ce texte assure le respect des droits de tous les partenaires de la création, aujourd'hui bafoués par le piratage des oeuvres, ainsi que le juste équilibre entre les droits des auteurs, des artistes et des producteurs, et les préoccupations légitimes des internautes", avait-il ainsi indiqué lors du débat marathon de la loi Hadopi, en appelant les députés socialistes à se prononcer pour le texte. Interrogé jeudi par l'agence Associated Press, l'ex-ministre de la Culture a sobrement enfoncé le clou : "Sur la loi Internet, je m'exprimerai pour le texte, contrairement aux autres députés socialistes", a-t-il fait savoir.
Le droit d'auteur, une question qu'il prend "trop au sérieux"
A-t-il donc changé depuis 2006, lorsqu'il s'était opposé à la loi DADVSI ? Pas vraiment. Son opposition, à l'époque, au texte présenté par Renaud Donnedieu de Vabres s'expliquait plus par des questions de forme que par des problèmes de fond. Il avait alors assuré prendre "ces questions trop au sérieux pour pouvoir les traiter à coups d'affirmations tranchantes", regrettant, non pas l'aspect répressif, mais "l'improvisation et l'amateurisme caractérisé" de la loi DADVSI. Et, fait significatif, il s'était aussi opposé à la licence globale prônée alors par Ségolène Royal.
Ce n'est pas la première fois que le député PS du Pas-de-Calais se singularise ainsi au sein du Parti socialiste. L'été dernier, il avait été le seul élu socialiste à se prononcer pour la révision constitutionnelle... qui avait été, à l'époque, adoptée à une voix près.
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