Portrait d'Henri Guaino © TF1/LCIL'Elysée s'est dit vendredi préoccupé par la radicalisation de la contestation sociale en France qui se manifeste depuis plusieurs semaines par une multiplication des séquestrations de dirigeants d'entreprise. Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, a estimé qu'il fallait faire "très attention".
"Nous sommes dans une crise très profonde, très grave qui, fatalement, va nourrir des pulsions violentes, des révoltes, des rancoeurs, parce qu'il y a beaucoup de souffrance dans tout cela", a-t-il expliqué sur France 24. "On a le souvenir de grandes crises économiques et sociales dans l'histoire qui ont eu des conséquences politiques extrêmement graves".
"On n'empêchera pas Continental de fermer"
Prié de dire si la situation inquiétait l'Elysée, il a répondu : "Le mot n'est l'inquiétude, mais cela préoccupe". Selon lui, "tous les hommes politiques, tous les dirigeants doivent avoir ce problème en tête (...) parce que, précisément, tout peut déraper, le risque politique est très fort, le risque de violence, de révolte est très grand et il peut dégénérer".
Cette mise en garde intervient alors que quatre membres de la direction de Caterpillar à Grenoble ont été retenus pendant 24 heures cette semaine par des salariés qui protestaient contre la suppression de 733 postes. Quant à François-Henri Pinault, PDG de PPR, il a été bloqué pendant plusieurs minutes mardi à Paris dans son taxi par des représentants des salariés de la Fnac et de Conforama.
Interrogé sur la promesse formulée mercredi par Nicolas Sarkozy de sauver le site Caterpillar de Grenoble, Henri Guaino a déclaré qu'il ne s'agissait pas de "paroles en l'air", tout en reconnaissant que l'Etat ne pourrait pas "tout sauver". Et de reconnaître : "On n'empêchera pas Continental de fermer, on le sait", en référence à la fermeture annoncée du site du fabricant allemand de pneumatiques de Clairoix, qui emploie 1120 personnes.
D'après agence
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